"Dexia ne représente plus un risque pour Belfius"

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La banque Belfius doit rester dans les mains de l'Etat, estime le parti socialiste dans le projet de programme électoral que "L'Echo" a pu consulter.

Le bancassureur Belfius a considérablement réduit ces deux dernières années son exposition au groupe résiduel Dexia si bien que ce dernier "ne représente plus aujourd'hui un risque pour Belfius", a affirmé jeudi son président, Jos Clijsters, au cours de la présentation des résultats annuels du bancassureur propriété de l'Etat belge.

Depuis octobre 2011, l'exposition de l'ancienne Dexia Banque Belgique, désormais Belfius, à son ancienne maison-mère Dexia a diminué de 76%, passant de 56 milliards d'euros -dont une part non sécurisée- à 13,5 milliards d'euros fin 2013. L'entièreté de cette exposition est désormais sécurisée puisqu'elle fait l'objet d'une garantie des Etats belge et français.

Selon Marc Raisière, le nouvel administrateur délégué de Belfius, l'exposition à Dexia sera même nulle dès la fin du premier trimestre 2015.  Face à cette situation, les dirigeants de Belfius ont pu affirmer jeudi que Dexia ne représente plus aucun risque pour la pérennité de son ancienne filiale.

Le portefeuille "Legacy" de Belfius, soit l'héritage provenant de son ancienne appartenance au groupe Dexia, a quant à lui été ramené à 12,4 milliards d'euros alors qu'il se montait encore à 18,3 milliards d'euros fin 2011. Ce portefeuille a eu un impact négatif de 63 millions d'euros sur le bénéfice net (445 millions d'euros, +5,7%) de Belfius en 2013.

La politique de réduction des risques menée depuis deux ans permet aux dirigeants de Belfius d'afficher leur sérénité par rapport à l'avenir du groupe et notamment face aux tests de résistance et à l'examen de la qualité des actifs des banques que la Banque centrale européenne et l'Autorité bancaire européenne prévoient de réaliser dans les prochains mois. Au total, 124 banques de 22 pays européens sont concernées. Pour la Belgique, la liste de la BCE comporte six banques: AXA Bank Europe, Belfius Banque, Dexia, Investar (Holding d'Argenta banque et assurance), KBC et The Bank of New York Mellon. "Nous voyons arriver cet examen de la qualité des actifs avec sérénité", a résumé Jos Clijsters.  


A savoir

Belfius doit rester dans les mains de l’État, peut-on lire dans le projet de programme électoral du PS, validé par le bureau du parti le 17 février dernier et que la rédaction de "L’Echo" a pu consulter. Le Parti socialiste entend utiliser ce contrôle public pour que "la banque joue un rôle plus actif dans le développement d’une offre de produits et services" destinés aux PME et aux indépendants. Il veut aussi renforcer le rôle de Belfius comme "premier partenaire" des autorités publiques pour le financement d’hôpitaux, de crèches, d’écoles…

Cette vision s’inscrit dans le cadre plus large des entreprises publiques, à l’égard desquelles le PS prône le renforcement du rôle de l’État. Les administrateurs publics seraient sommés d’exercer "un meilleur contrôle sur les décisions et la stratégie", sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à la révocation. "L’objectif n’est pas de prendre les décisions à la place du management mais bien de s’assurer d’une meilleure gestion publique", précise le parti de Paul Magnette. Le PS souhaite bien entendu que là où l’État détient une participation majoritaire, il la conserve.

Enfin, le programme confirme que le parti du Premier ministre veut revenir sur la réforme du chômage combattue par les syndicats. Comment? En levant la limitation à trois ans du droit aux allocations d’insertion pour les personnes qui ont montré "leur détermination à trouver un emploi". En revanche, la dégressivité des allocations ne semble pas remise en cause.

Tous les grands axes du programme électoral du PS dans "L'Echo" de ce jeudi

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