"Elio Di Rupo gardera un pied au fédéral"

©BELGA

L’arrivée de Jean-Claude Marcourt à la table de négociation fédérale ne signifie pas le retrait total de la scène d’Elio Di Rupo. Du moins jusqu’à l’élection du nouveau président du PS, estime le politologue Pascal Delwit.

La mise en place des nouveaux gouvernements en Wallonie et à la Communauté française ne seront pas sans impact sur la formation au fédéral. Le principal changement, c’est qu’Elio Di Rupo ne sera plus là. Le nouveau ministre-président wallon passe la main à Jean-Claude Marcourt qui ira épauler Paul Magnette à la table des négociations fédérales.

"Ce n’est pas un signal très positif", juge Vincent Laborderie, politologue à l’UCL. "Le problème n’est pas tant la présence de Marcourt que l’absence de Di Rupo qui risque de se faire sentir compte tenu de sa vaste expérience fédérale", précise-t-il.

Pascal Delwit, politologue à l’ULB, pense pour sa part que le PS entre à présent dans "une période transitoire jusqu’à l’élection présidentielle". "Tant qu’Elio Di Rupo sera président du PS, il gardera au moins un pied dans la négociation fédérale en tant qu’interlocuteur lors de démarches informelles", pense-t-il.

Quant à la montée de Jean-Claude Marcourt à la table de négociation fédérale, c’est sans doute le prélude à un poste de ministre, voir de vice-premier dans le futur gouvernement fédéral.

Vincent Laborderie estime du reste que les timides contacts qui ont été pris entre PS et N-VA sont voués à l’échec. "La seule question est de savoir laquelle des deux formations sera jugée responsable de l’échec." L’idée chère aux socialistes de former un gouvernement sans la N-VA s’inscrit dès lors dans une séquence logique, à ses yeux. Un arc-en-ciel (socialistes, libéraux et écologistes) représente 76 députés sur 150. Avec le CD & V, cela apporterait une majorité plus confortable. Sauf qu’il manquerait quand même deux sièges pour réaliser une majorité en Flandre

Pour Pascal Delwit, cela ne devrait pas être un problème puisqu’on a déjà connu des précédents. "En 2014, on a rendu un rôle linguistique très minoritaire, même si je n’ignore pas que l’approche des choses n’est pas la même médiatiquement et culturellement en Flandre", admet-il. Autrement dit, une minorité dans le groupe linguistique flamand passerait assez mal en Flandre.

PTB et Belang en embuscade

Pour Vincent Laborderie, l’incompatibilité entre PS et N-VA s’explique d’abord par la pression subie par les deux formations de la part du PTB et du Vlaams Belang, tapis en embuscade. "PS et N-VA se sentent menacés sur leurs flancs et à raison d’ailleurs. De plus, le PS est prisonnier de la communication qu’il a tenue pendant cinq ans contre l’alliance MR — N-VA. Le PTB n’aura aucun mal à retourner cette communication contre le PS."

Reste à voir aussi, si le processus fédéral devait se poursuivre avec la N-VA, lequel des trois partis traditionnels flamands serait éventuellement amené à décrocher de la négociation. Vincent Laborderie pointe le CD & V comme étant le maillon faible: "Le parti traverse actuellement une passe très difficile."

En tout état de cause, rien ne devrait se débloquer au fédéral avant la formation du gouvernement flamand. Un processus plus laborieux que prévu en raison de tensions idéologiques sur certains dossiers délicats tels que l’enseignement et l’intégration des personnes d’origine immigrée. Dans les deux cas, c’est le CD & V qui freine le tempo.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect