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En route pour la grande réforme

Après la victoire de la N-VA en Flandre et du PS côté francophone, la recherche d'une nouvelle coalition gouvernementale sera ardue. Les négociations pourraient durer des mois. Le Roi va devoir maintenant nommer un informateur afin de débrousailler le terrain.

Les élections législatives de dimanche qui ont débouché sur le triomphe des indépendantistes flamands, avec 28,2% pour la N-VA, pourraient contraindre les francophones à accepter l'autonomie accrue réclamée ardemment par les néerlandophones. La N-VA devance nettement le parti chrétien-démocrate (CD&V), qui ne recueille que 17,6% des suffrages, puis les socialistes et les libéraux. 

Le président de la N-VA a appelé au "changement" en Belgique avec une réforme visant à donner une autonomie accrue à la Flandre dans le domaine économique et social, tout en cherchant à rassurer ceux que son programme inquiète, en Belgique et à l'étranger.
De Wever a encore affirmé que l'indépendance de la Flandre n'était pas sa revendication immédiate, même s'il envisage que la Belgique puisse disparaître à terme.

Ce matin sur les ondes de radio 1, Bart De Wever a déclaré qu'une solution au problème BHV doit faire partie d'un "nouveau grand consensus". BHV peut être réglé "une bonne fois pour toutes" lors des négociations de formation d'un gouvernement, a-t-il déclaré. Il ne serait donc plus nécessaire d'introduire des projets de loi flamands pour la scission de BHV au début de la prochaine année parlementaire.

La N-VA a toujours indiqué que BHV n'avait pas de prix. Le président a répété lundi matin que son parti n'accepterait pas qu'on touche au principe de territorialité. "C'est ouvrir la boîte de Pandore", a-t-il déclaré. Bart De Wever a ajouté que BHV était un élément du "nouveau grand consensus" que nous allons devoir atteindre.

Néanmoins, selon lui, brusquer les partis n'aurait pas de sens. Il faut tout d'abord laisser tout le monde analyser calmement les résultats. Il a quand même répondu à une déclaration de la présidente du cdH Joëlle Milquet, qui avait souligné que 70% des Flamands n'avaient pas voté pour la N-VA. "85% des francophones n'ont pas voté pour madame Milquet", a-t-il répondu.

Le fossé politique qui se creuse entre le Nord et le Sud du royaume est encore illustré par les résultats dans l'électorat francophone. Le PS est arrivé largement en tête, avec 36,6% des voix en Wallonie. Les socialistes devancent le MR, en net recul à 24,8%, le cdH et Ecolo.

La recherche d'une nouvelle coalition gouvernementale sera donc ardue. Les négociations pourraient durer des mois, alors que la Belgique prend en juillet la présidence tournante de l'UE et doit affronter une crise économique. Paradoxalement, la victoire de la N-VA en Flandre pourrait aboutir à ce que pour la première fois depuis les années 1970 le Premier ministre soit un francophone compte tenu de la victoire du PS. 

Bart De Wever ne veut pas diriger le gouvernement fédéral. Et les autres partis flamands, après s'être cassé les dents à plusieurs reprises, sont tentés cette fois de laisser un francophone aux commandes. le président du parti sopcialiste, Elio Di Rupo, est plus ouvert à un compromis avec les néerlandophones sur la réforme de l'Etat que d'autres francophones. Ce dernier a reconnu dimanche que les électeurs flamands avaient envoyé un "signal fort" en faveur d'une plus grande autonomie régionale, message qui "doit être entendu". 

Voici les résultats complets:


1. Résultats des partis néerlandophones (Flandre et Bruxelles-Hal-Vilvorde):
NVA (indépendantistes) 28,2%
CDV (chrétiens-démocrates) 17,6%
SPA (socialistes flamands) 15,0%
Open VLD (libéraux) 14,0%
Vlaams Belang (extrême droite) 12,6%
Groen (écologistes) 7,1%
Liste Dedecker 3,7%

2. Résultats des partis francophones (Wallonie et Bruxelles-Hal-Vilvorde):
PS (socialistes) 36,6%
MR (libéraux) 24,7%
CDH (centristes) 14,7%
Ecolo (écologistes) 12,8%
Parti populaire (droite) 3,4%

 

  

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