L'État pourrait vendre des titres BNP Paribas

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Pour réduire la dette publique, l’État doit vendre des actifs avant la fin de l’année. Les participations dans BNP Paribas et Fortis sont régulièrement citées. Les charges de la dette coûtent près de 12 milliards par an à l’État.

L’État envisage de vendre des actifs, vraisemblablement une participation bancaire, afin de ramener sa dette sous les 100% du PIB, conformément aux engagements pris devant la Commission européenne. Pour l’instant, plusieurs options sont sur la table. Les experts chiffrent les différents scénarios afin de préparer la décision politique.

Selon le comité de monitoring, à politique inchangée, la dette atteindrait 100,5% du PIB à la fin de l’année. Il faut donc la réduire d’à peu près 2 milliards d’euros. Une partie de ce montant devrait venir de l’intégration dans le périmètre de l’État des réserves de certaines institutions publiques qui échappent encore au périmètre de consolidation. C’est notamment le cas de la Société fédérale de participation et d’investissement, le bras financier de l’État. "Il me semble sage de faire cet exercice avant d’envisager de vendre des bijoux de famille", déclarait la semaine dernière dans nos colonnes, le ministre du Budget Olivier Chastel (MR).

Le plus simple: BNP Paribas

L’exercice n’apportera toutefois pas le montant escompté, loin de là. Il faudra donc vendre des actifs. Le plus simple, c’est sans doute de céder tout ou partie des 10,28% de BNP Paribas détenus par l’État belge. Il s’agit d’un titre très liquide, dont la vente pourrait rapporter plus de six milliards d’euros.

Le problème, c’est que l’action est toujours nettement en dessous du seuil d’équilibre pour l’État (50 contre 58). "L’État n’est pas un spéculateur, il n’a pas investi pour dégager une plus-value mais pour sauver le secteur bancaire et ses emplois", dit Chastel, qui n’exclut pas le principe d’une sortie à perte.

Tous ses collègues ne partagent pas son avis. Ou en tout cas, ils ne souhaitent pas tous l’appliquer au cas BNP Paribas. Arguments: ce titre présente des perspectives de progression et se rapprochera donc, voire dépassera le break-even; et, en outre, il n’est pas avare en dividendes (191 millions pour l’État cette année, 824 depuis 2009). "Une saine gestion des deniers publics ne devrait donc pas inciter à la vente aujourd’hui", résume un spécialiste des finances de la rue de la Loi.

Mais, pour exactement les mêmes raisons, plusieurs banques d’affaires exercent un lobbying intense auprès du gouvernement en faveur d’une telle cession: elles pourraient facilement placer les titres et empocher leur commission…

La filiale belge

Une piste alternative serait de se séparer des 25% détenus dans la filiale belge du groupe, BNP Paribas-Fortis, pour laquelle l’investissement de départ était justement d’un peu plus de 2 milliards d’euros. Le problème, ici, c’est que l’État ne pourrait négocier qu’avec un seul acquéreur potentiel, à savoir BNP Paribas. Ce n’est évidemment pas la posture de négociation idéale.

Cela étant, le groupe français pourrait apprécier de voir l’État se retirer de Fortis car celui-ci est aussi le propriétaire de l’un de ses principaux concurrents sur le marché belge, à savoir Belfius. Il y a là du conflit d’intérêts potentiel. Cela peut justifier une sortie et aider à négocier un prix acceptable.

L’État pourrait aussi vendre des participations dans Belgacom (passer de 53% à 50% + 1 action) ou dans l’aéroport national. De même, Belfius ou la Loterie nationale pourraient s’ouvrir à des partenaires privés.

Plus tôt le choix politique sera pris, moins le côté liquide de l’actif sera prépondérant car l’opération doit normalement être bouclée pour le 31 décembre. Le Premier ministre Elio Di Rupo a toutefois déjà signalé qu’il était prêt à négocier avec l’Europe un délai de quelques mois si cela permettait de réaliser une opération financièrement plus profitable.

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