L'aventure suédoise est terminée

C'est fini. Le Premier ministre Charles Michel "prend acte": la N-VA quitte la majorité suédoise ce samedi soir. Place à une orange-bleue minoritaire. ©Photo News.

Le Premier ministre prend acte: la N-VA ne fait plus partie de la majorité. Cela ne change toutefois pas le programme de Charles Michel, qui s'envolera ce dimanche pour Marrakech. Et y soutiendra la pacte migratoire, "au nom de la Belgique", et de son gouvernement, à présent orange-bleu.

La tension était perceptible ce samedi soir au Lambermont, la "résidence" du Premier ministre. Le conseil des ministres restreint ayant tourné court - la N-VA quittant les lieux une demi-heure après le début des hostilités -, Charles Michel a réuni la presse afin de s'exprimer. Et que dit-il? 

Ceci.

La mine tendue, Charles Michel résume le processus décisionnel ayant mené la Belgique à arrêter, en septembre dernier, une décision positive, voire franchement enthousiaste, sur le pacte pour des migrations "sûres, ordonnées et régulières". "Un processus qui a donné à chacun l'occasion de s'exprimer. Le texte a été arrêté en juillet. En septembre, la décision de la Belgique est actée dans le cadre interfédéral belge." Suite logique: Charles Michel s'engage à la tribune des Nations Unies, à New York: la Belgique soutiendra le pacte. Un tournant crucial dans ce dossier, qui marque sans doute l'impossibilité, pour le Premier, de faire machine arrière. 

Cette semaine, reprend Charles Michel, le Parlement s'est emparé du sujet. Votant en faveur du pacte, à une très large majorité. "Au-delà des deux tiers, avec une majorité dans les deux groupes linguistiques.

Merci à la N-VA

Et c'est là que le Premier joue son va-tout. Dont on verra s'il résiste à l'analyse juridique et au décorticage constitutionnel. Mais politiquement, le coup est finement joué. Quelque part, Charles Michel inverse la charge de la preuve. Renversement de perspective: il n'est pas à la tête d'un gouvernement qui n'arrive pas à se mettre d'accord sur ce pacte; il est à la tête d'une équipe où ne se dégage pas de consensus "pour remettre en cause la décision" qui a déjà été prise. C'est trop tard, fait savoir Charles Michel à la N-VA. La Belgique a arrêté sa position, une injonction diplomatique a déjà été donnée en ce sens. Et si la suédoise ne peut se mettre d'accord, elle est incapable de revenir là-dessus. Ce qui est fait ne peut être défait.

Charles Michel insiste: la Belgique a donné sa parole. Et on ne revient pas là-dessus.

Je prends acte que la N-VA quitte la majorité ce soir.
Charles Michel
Premier ministre

Les conséquences sont prévisibles. Il l'avait dit, il le fera. "J'irai à Marrakech, au nom du gouvernement." Ce que la N-VA ne peut supporter, elle a été limpide à ce sujet. Résultat, les nationalistes flamands prennent la porte de la majorité. "Je prends acte que la N-VA quitte la majorité ce soir. Je la remercie pour la clarté de sa position. Et je la remercie pour le travail gigantesque accompli durant ces quatre années, dans l'intérêt général.

Dimanche, c'est donc en tant que chef d'un gouvernement orange-bleu, réunissant MR, CD&V et Open Vld, que Charles Michel s'envolera pour le Maroc. Un exécutif qui ne dispose plus d'une majorité à la Chambre, et amputé de trois ministres et de deux secrétaires d'État N-VA. 

Deux nouveaux ministres

Dans l'immédiat, afin de restaurer la parité linguistique - obligatoire - au sein du conseil des ministres, deux secrétaires d'État néerlandophones seront bombardés ministres. Qui, avec quelles compétences et avec un passage devant le Roi? Il est trop tôt, ce samedi soir, pour trancher. Pour l'heure, on pare au plus pressé; les grandes lignes sont tracées, les détails suivront. 

Enfin, il y a détails et détails. Parce que ceci n'en est pas un. Privé de jaune et ainsi drapé d'orange et de bleu, Michel n'a plus de majorité. Se trouve à la tête d'un gouvernement minoritaire. Dès son retour, lundi ou mardi, des contacts seront pris avec les différents partis afin d'envisager la suite des événements - et si vous voulez tout savoir des scénarios possibles, du gouvernement minoritaire aux affaires courantes, en passant par des élections anticipées, eh bien, on vous a résumé cela ici

En attendant, terminons sur ce petit clin d'oeil historique. Voilà qu'elle a fini par voir le jour, cette fameuse orange bleue. 

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