La Belgique dernière de classe pour les investissements en infrastructures

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Le sous-investissement est manifeste, surtout au niveau du réseau routier. Une opération rattrapage s’impose.

Le triste état dans lequel se trouvent les tunnels bruxellois et le RER qui n’en finit pas d’être reporté viennent rappeler une évidence: les pouvoirs publics belges ont lourdement négligé d’investir dans les infrastructures au cours des dernières décennies. Or chacun sait que la qualité des infrastructures contribue à la croissance économique.

Une nouvelle étude de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) place notre pays carrément en position de lanterne rouge européenne. "Alors qu’au début des années 80, la Belgique était un exemple international pour la qualité de ses infrastructures", rappelle Edward Roosens, économiste en chef de la FEB. Depuis lors, l’assainissement budgétaire est devenu un souci permanent et l’investissement public en a fait les frais.

0,6% du PIB

Sur la période 2010-2013, l’investissement public représentait 2,4% du produit intérieur brut (PIB) en moyenne, soit 9 milliards d’euros. Seule l’Allemagne fait moins bien (2,3%). Sur ces 9 milliards, 27% ont été affectés à l’infrastructure, 14% aux hôpitaux et aux écoles, 42% aux services publics et 17% au logement. On notera que la part absorbée par le service public est proportionnellement la plus élevée parmi les pays européens. Si on se limite aux investissements dans les infrastructures, la Belgique figure en dernière position avec 0,6% du PIB ou 2,2 milliards d’euros.

La qualité diminue

Les faibles investissements publics en infrastructures ont des répercussions sur la qualité. Dans le classement mondial du World Economic Forum (WEF), la Belgique apparaît en 22e position pour la qualité de ses infrastructures, soit 10 places plus bas qu’il y a 10 ans. Un résultat a priori encore acceptable, mais pas par rapport à nos voisins directs. Encore faut-il distinguer selon les secteurs. En matière d’aéroports, nous faisons mieux que nos voisins. Nous faisons moins bien par contre en termes d’infrastructure routière et ferroviaire. Résultat: les routes sont engorgées et les trains sont en retard. Entre 2002 et 2012, la capacité du réseau routier a augmenté de 1,9% alors que le nombre de véhicules sur nos routes a augmenté de 13,9%. L’OCDE estime le coût de la congestion en Belgique à 8 milliards d’euros par an (2% du PIB). Les choses se présentent différemment pour les chemins de fer: le réseau est dense et l’investissement élevé (deux fois la moyenne de nos voisins). Le bât blesse en revanche au niveau de l’organisation: certaines lignes sous-utilisées, tarifs voyageurs peu attractifs, pas assez d’automatisation.

Rattrapage

La FEB recommande dès lors une opération de "rattrapage". Ce qui suppose une vision intégrée des besoins de mobilité, des procédures d’autorisation moins lourdes, le recours intensif aux partenariats public privé (PPP) et, enfin, une plus grande souplesse européenne en matière comptable par rapport aux déficits autorisés.

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