La dame en rouge tire sa révérence

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Laurette Onkelinx a annoncé qu’elle mettrait un terme à sa carrière politique au plus tard en 2019. Les événements politiques de ces derniers mois ont eu raison de la socialiste.

L’Afrique est à des milliers de kilomètres mais – en Belgique – la saison est meurtrière pour les grands éléphants. Ainsi, donc, en l’espace de dix jours, c’est un second grand pachyderme, au sens figuré, de la politique belge, qui annonce sa retraite. Après Joëlle Milquet annonçant son pas de côté de la politique locale et régionale, c’est Laurette Onkelinx, très émue, d’ailleurs, qui a expliqué, mercredi matin, qu’elle se retirerait de la vie politique active "au plus tard" à l’issue de son mandat de parlementaireDonc, en 2019. 

Laurette Onkelinx, actuellement députée fédérale, poursuivra ce mandat tout en présidant la fédération bruxelloise du Parti socialiste, une fédération, a-t-elle dit, qu’elle entend "mettre en ordre de marche pour les élections de 2018 et 2019": "Ce sera le dernier combat politique que je vais mener et je vais le faire avec enthousiasme et énergie", a assuré Laurette Onkelinx. Les derniers sondages d’opinion ont montré un PS qui, à Bruxelles, accusait un net recul – passant de la position de premier à celle de deuxième voire troisième parti bruxellois.

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Laurette Onkelinx est très brièvement revenue sur ses trente années d’engagement politique, dont 22 ans de fonctions exécutives, entre ministre et ministre-présidente entre autres. "J’ai porté de nombreux projets, j’ai connu de nombreuses crises, j’ai travaillé avec trois Rois (Baudouin, Albert et Philippe) et cinq Premiers ministres." Pour rappel, Laurette Onkelinx mène l’opposition PS à la Chambre depuis que le gouvernement Michel a été installé en 2014 – elle doit laisser tomber ce poste de chef de groupe. Plusieurs noms sont avancés pour lui succéder à cette place – parmi lesquels les députés Ahmed Laaouej (Bruxelles) et André Frédéric (Liège) ont la cote. Comme toujours, au Parti socialiste, le choix sera le résultat d’un subtil (?) équilibre entre les fédérations.

Mais revenons à Laurette Onkelinx: en vérité, c’est la récente affaire du Samusocial à la Ville de Bruxelles qui a fini de casser la "machine" Laurette. Ajustant assez mal son opposition depuis le départ du gouvernement Michel, assise entre le Fédéral et Bruxelles, sans socle local et débordée sur sa gauche par le PTB, Laurette Onkelinx a été submergée par l’affaire du Samusocial qui a emmené l’un de ses plus fidèles lieutenants, Yvan Mayeur, l’ex-bourgmestre de Bruxelles-Ville. Et les attaques dans la presse contre ses enfants ont été la goutte qui a fait déborder le vase de Laurette Onkelinx – attaques qu’elle a jugées "insupportables".

Le fait, également, que son époux, le constitutionnaliste Marc Uyttendaele, ait joué un rôle dans l’affaire du Samusocial, comme avocat de l’ASBL, ne lui a pas laissé les coudées très franches pour se défendre. "Dans ce dernier combat, elle n’a pas pu combattre avec la pugnacité qu’on lui connaît", analyse un député PS. Onkelinx elle-même, mercredi, a fait allusion à la "démocratie fracassée" cet été et aux difficultés qu’avait connu sa formation politique ces derniers mois.

"C’est fini, je tourne la page, je veux d’autres défis, je vais continuer à servir le bien collectif, quelque chose que j’ai toujours fait", a conclu Laurette Onkelinx.

Juriste de formation, avocate, la Bruxello-Liégeoise aura 61 ans en 2019, quand elle quittera la scène. Deux ans, c’est loin. Une éternité en politique (belge). On notera – encore – ce "place aux jeunes", lâché par Onkelinx en guise de claque à Elio Di Rupo. C’est que le président de parti n’a que très peu été associé à la décision de Laurette Onkelinx: elle a mûri et pris sa décision seule.

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