Le Parti Populaire décroche un siège

Mischael Modrikamen et Rudy Aernoud

Ils n’étaient plus qu’une cinquantaine de candidats et militants, vers 22 heures 30, à la soirée électorale organisée par le Parti Populaire au B19, à Uccle, tout à côté du prestigieux club sportif du David Lloyd.

Selon les résultats définitifs, le Parti Populaire décroche un siège à la Chambre après quelques heures de suspense. Flash back sur la soirée d'hier. Mischaël Modrikamen, qui avait quitté la soirée pour se rendre à la RTBF, revenait annoncer qu’apparemment, le PP aurait décroché un siège. " Depuis 1981, aucun nouveau parti n’avait décroché de siège en Belgique francophone. Apparemment, nous l’aurions fait. C’est en train de se jouer entre le Brabant wallon et Bruxelles, via l’apparentement. Et ce premier siège irait à Laurent Louis, qui a quitté avec fracas le MR pour rejoindre le PP."

Déception et satifsaction se mêlaient, un peu plus tôt dans la soirée au PP. Satisfaction, d’abord, d’avoir pu présenter des listes sur l’ensemble de la Wallonie et sur Bruxelles en un temps aussi court. Satisfaction, aussi, de voir le parti récolter près de 4% en Wallonie, selon les résultats partiels, alors que le parti existe depuis à peine six mois, et qu’il n’a pu participer aux grands débats télévisés. Déception, enfin, à mesure que les premiers résultats concernant Bruxelles tombaient, voyant s’amenuiser l’espoir d’y décrocher un siège, qui lui aurait assuré reconnaissance et surtout, financement.

"Le combat ne fait que commencer"

" Je vous fait une seule promesse : le combat ne fait que commencer ! " a conclu Mischaël Modrikamen après avoir redonné l’espoir à ses militants. Lors de son discours, en début de soirée, déjà, il avait remercié les électeurs et les militants. " Che Guevara disait Soyons raisonnables, demandons l’impossible ", a-t-il clamé. Nous vous avons demandé l’impossible. Et vous avez réussi à faire des listes, à recueillir les 12.000 signatures nécessaires. " Rudy Aernoudt renchérissait. " Nous décrochons environ 4%. C’est 4% de plus que la fois précédente. Et si nous avions pu débattre d’économie avec Reynders ou de social avec Di Rupo, nous aurions fait 10 ou 15%. " Mêmes échos du côté des militants. " Les tendances sont plus qu’honorables, alors que le MR n’a pas hésité à envoyer des chaînes d’e-mails appelant à ne pas voter PP ", réagissait un candidat au sénat.

" Une semaine de plus, et nous aurions sans doute pu aussi présenter des listes en Flandre, où les choses sont en train de bouger et où il y a un potentiel pour un parti comme le PP ", regrettait Chris Dobbelaere, délégué du parti pour le nord du pays. " On recommencera, dans trois ans sans doute, pour les communales ", insistait Vivane Peycker, candidate venue de Durbuy, et toute nouvelle en politique, qui dit avoir fait campagne avec bonheur, parce qu’elle a rencontré un parti qui pour la première fois correspond à ses idées.

Christian, la trentaine, passionné de politique, vient de s’inscrire comme militant il y a quelque semaines, et s’amuse du côté un peu hétéroclite du parti, " où le style ucclois côtoie un côté néerlandophone plus pragmatique ". Il est venu pour s’assurer que le parti a vraiment du fond, et qu’il n’a pas seulement le vent en poupe à cause de l’affaire Fortis. Une affaire Fortis qui a justement décidé Viviane, la cinquantaine BCBG, à s’engager dans le mouvement. Pour d’autres, c’est la personnalité de Rudy Aernoudt qui a surtout joué. " Et puis le fait qu’ils proposent autre chose que les partis traditionnels ", commentent la plupart des militants. Diminution du nombre de ministres, scrutin majoritaire à deux tours, sécurité, politique de l’immigration plus restrictive.

Sans élu, la poursuite de l’aventure politique s’annoncerait plus difficile pour le PP. "Il faudra continuer avec des brics et des brocs, et compter uniquement sur des bénévoles ", confie une toute jeune candidate. " Dans ce cas de figure, nous devrons faire appel à la générosité de nos membres ", remarque Benoît Coquelet, ancien CEO de la société Donaldson et responsable de la campagne. " Déjà, tous les candidats sont bénévoles, et ont payé leur propre campagne. Mais au regard des résultats, nous sommes confiants. " " Nous avons mis un premier pied à l’étrier, comme l’a fait Ecolo en son temps, après seulement un mois de campagne ", conclut un ancien sympathisant du MR.

Le son des télévisons a été coupé, au PP, et la musique a fait son apparition. La fête commence, dans l’attente de la confirmation des résultats.

 

 

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