Le brouillard budgétaire belge va bientôt se lever

Sophie Wilmès, ministre du Budget ©Photo News

Le Comité de monitoring va se réunir pour faire le point sur le cru budgétaire 2019. Le résultat est attendu pour la fin juillet. Et le budget 2020? C’est au programme, mais ce sera vers le mois de septembre.

La rumeur a couru cette semaine. Un Comité de monitoring – vous savez, ce club de hauts fonctionnaires déterminant l’effort budgétaire à fournir afin de faire recoller la Belgique à la trajectoire qu’elle s’est engagée à tenir auprès de la Commission européenne – serait imminent; il était même question de mercredi. Et puis non: pas de Comité de monitoring. À la place, du flou, puisque si un état des lieux des finances publiques était toujours envisagé, sa forme exacte restait à déterminer.

Eh bien, le comité restreint des ministres a tranché. Le Monitoring se réunira bien pour faire le point sur le cru 2019. Le résultat est attendu pour la fin juillet. Tant qu’à faire, ne serait-il pas pertinent de s’intéresser également à 2020, dont le budget est attendu par l’Europe pour la mi-octobre? C’est au programme, mais ça, ce sera pour la fin de l’été, vers le mois de septembre. C’est que plus vous demandez au Comité de monitoring, plus il met de temps à collecter les données et rendre son verdict.

"La trajectoire budgétaire a tendance à se dégrader."
Sophie Wilmès
Ministre du Budget

Or pour 2019, cela urge un rien. On se rappelle que cette année n’a pas été dotée d’un budget digne de ce nom, la N-VA ayant claqué la porte de la suédoise. Du coup, l’étage fédéral fonctionne à coups de douzièmes provisoires. Et cette minorité en affaires courantes n’est pas réellement à même de se livrer à un conclave budgétaire – mais en a-t-elle seulement l’envie? "Tout ce que l’on peut éventuellement faire, c’est renforcer la prudence budgétaire", glisse-t-on dans les rangs de l’équipe Michel.

Maigre, au vu des enjeux. Comme le coût du vieillissement, qui s’est rappelé aux bons souvenirs de la Belgique à deux reprises, ces derniers temps. Par le biais du Comité d’étude qui le surveille et qui annonçait, cette semaine, 17,1 milliards de plus à dénicher pour 2040 afin de financer pensions et soins de santé. Ou par celui du Comité de gestion de la Sécu, qui chiffrait à 6,7 milliards la hausse des dépenses de pension d’ici 2024.

"La trajectoire budgétaire a tendance à se dégrader", confirme la ministre du Budget Sophie Wilmès (MR). Qui ajoute le ralentissement de la croissance à la liste des facteurs expliquant ce dérapage prévisible, qui reste à présent à chiffrer. Pour la petite histoire, on ajoutera encore les initiatives prises par une Chambre se sentant pousser des ailes à l’occasion de cette période sans "vrai" exécutif. TVA sur les vélos, les fleurs coupées ou la presse électronique, ou encore extension du Tax shelter au secteur des jeux vidéo: durant le printemps, les députés ont dépensé sans trop s’inquiéter des retombées. Montant potentiel de cette facture: une centaine de millions d’euros.

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