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Les coulisses de la rédaction

©vadot

Quand Didier Reynders rencontre Alain Juppé / Et qu'ils évoquent les performances policières belgo-françaises / De la friture sur la ligne dans le secteur du fast-food / Les salaires de Francfort augmentent plus que l'inflation / Un trader qui balance / L'enfer du décor

Les bons mots de Didier Reynders. À la fin de la semaine passée se tenait la réunion annuelle du Forum d’Avignon, organisée cette année à… Bordeaux, sous la houlette d’Alain Juppé, maire de la Ville. Le Forum d’Avignon est un "think tank" qui réunit toutes sortes de personnalités venant des médias, des arts, de l’économie et de la politique, pour débattre de sujets ayant trait à la culture.

Parmi les invités de l’édition 2016, un habitué: Didier Reynders, dont la présence avait cette année plus de poids que d’habitude, quelques jours après les attentats de Bruxelles. Une minute de silence a d’ailleurs eu lieu en mémoire des victimes.

Lors du cocktail précédant le dîner officiel, notre ministre des Affaires étrangères a néanmoins régalé quelques convives avec son humour corrosif bien connu chez nous, mais un peu moins chez nos voisins hexagonaux: "Vous savez, nous, en Belgique, on n’a pas les mêmes moyens que vous, les Français, alors on doit faire des économies pour ne pas gaspiller. Par exemple, pour neutraliser Abaaoud, vous avez tiré 5.000 balles. Nous, pour Abdeslam, une seule."

Le porte-parole est-il de bonne parole?

Mercredi, nous relations les velléités des franchisés de Quick Belgique, dont les activités ont été mises à l’étal par son nouveau propriétaire, le groupe français Bertrand, de les reprendre à leur compte. Pour éventuellement les faire passer sous la bannière de Burger King comme est occupé à le faire le groupe Bertrand avec Quick France. À la question de savoir qui possédait la master franchise de l’enseigne américaine de fast-food en Belgique, le porte-parole – ou plus précisément l’agence de com’– du groupe Bertrand nous signala que ce dernier en était le titulaire, comme pour la France. Un franchisé de Quick Belgique nous affirma quant à lui que le Groupe Bertrand ne possédait qu’une option dessus, alors qu’un peu plus tard le PDG du groupe nous répondit au contraire qu’il ne possédait pas la fameuse licence pour la Belgique mais uniquement pour la France… Allô, le Groupe Bertrand? Il y a de la friture sur la ligne…!

"Vous savez, nous, en Belgique, on n’a pas les mêmes moyens que vous, les Français."
Didier reynders lors du forum d’Avignon

Praet et Draghi augmentés. C’est le rapport de la Banque centrale européenne (BCE) qui nous l’apprend. Les salaires du président Mario Draghi et du chef économiste de l’institution, le Belge Peter Praet, ont été augmentés de 1,65% l’an dernier… bien plus que le taux d’inflation dans la zone euro. Le traitement de base annuel de Draghi est de 385.860 euros et celui de Praet en tant que directeur de 275.604 euros. Entre les deux se situe le salaire du vice-président, Vitor Constancio, à 330.744 euros. C’est bien moins que les salaires de banquiers de premier plan dans le secteur privé. Peter Praet gagnait d’ailleurs davantage à la Banque nationale de Belgique en tant que directeur. Cela dit, tout est relatif. Il s’agit d’un salaire brut. Les membres du directoire de la BCE perçoivent aussi une indemnité de résidence et une indemnité pour frais de représentation. Pour ce qui concerne le président, un logement de fonction appartenant à la BCE est mis à sa disposition, à la place de l’indemnité de résidence. Les directeurs ont aussi droit à des allocations scolaires, de foyer et pour enfant à charge, en fonction de leur situation individuelle. Surtout, les traitements sont soumis à l’impôt communautaire, bien plus avantageux que l’impôt belge. Pas sûr que si la BCE devait larguer un jour de l’argent par hélicoptère afin de relancer la consommation, les membres de la BCE soient les meilleures cibles vu leurs salaires déjà élevés. De toute manière, un homme comme Peter Praet est tellement occupé qu’il n’a guère le temps de passer quelques heures à faire du shopping…

Les relations entre traders et journalistes. Tout journaliste boursier est soumis à des règles de déontologie. Pas question de profiter avant tout le monde d’une information qui serait publiée dans le journal du lendemain ou de donner cette information à une partie tierce. C’est valable à Bruxelles comme dans la City de Londres…

D’où le trouble causé par les déclarations du trader Iraj Parvizi, surnommé le roi des "penny stocks" outre-Manche. Accusé de délit d’initié dans le cadre d’un grand procès à Londres, ce trader a expliqué qu’il tentait de profiter de ses bonnes relations dans certains journaux britanniques. Son but: essayer de deviner sur quoi les journalistes travaillent. Parvizi n’y va pas par quatre chemins. "La façon dont cela fonctionne est simple: j’ai besoin d’informations, ils ont besoin d’informations. Si j’achète une action aujourd’hui et que le ‘Daily Mail’ écrit quelque chose demain, le cours de l’action peut prendre de 2 à 5%." Il avoue d’ailleurs qu’il n’hésite pas à propager délibérément des informations trompeuses. Il cite même le nom de ses bons contacts dans le service Alphaville (blog boursier) du "Financial Times", ainsi qu’au "Daily Mail". Si ce dernier n’a pas voulu commenter, puisque l’on se situe dans le cadre d’un procès, le "Financial Times" a, lui, réagi assez vivement. Une porte-parole a précisé que les journalistes ne délivraient pas de "tuyaux" ("tips" en anglais) boursiers à des sources extérieures ou à des participants du marché. Ce serait bien entendu illégal, dit-elle.

Au "FT", on s’est surtout ému du traitement de l’information par l’agence Bloomberg. En matière d’infos financières, le "Financial Times" et Bloomberg sont évidemment concurrents. Or, Bloomberg laissait entendre que le "FT" avait tuyauté d’une façon ou d’une autre Parvizi. Ce qui n’a pas plu au quotidien des affaires, qui s’en est plaint ouvertement à Bloomberg.

C’est ainsi que le titre initial de l’info Bloomberg a été modifié au fil de la journée. Du titre "Un parieur fou a utilisé des journalistes du ‘FT’et du ‘Daily Mail’ pour battre le marché boursier", on est revenu finalement à un plus neutre "Un parieur fou a parlé à des journalistes du ‘FT’ et du ‘Daily Mail’pour battre le marché".

Quand enfer rime avec Prévert… L’enfer est pavé de bonnes intentions. Mais ça, on le savait déjà. Ce qu’on ignorait encore, c’est que cet endroit à nul autre pareil est aussi fort bien meublé. On y trouve en effet "cinquante tables noires avec quatre pieds, douze chaises en bois brun et blanc, un fauteuil rouge, une salamandre, une table en inox, six dînettes, trente ramequins ronds et trente carrés, cinquante assiettes blanches carrées, un frigo, une marmite, quatre verres à bière, une casserole à moule, trois bacs à fondue, dix cuillères en bois, dix-huit flûtes, six verres sur pied, quarante-huit verres à vin, six grosses timbales, un bain-marie, un destructeur de feuilles…" Ce véritable inventaire à la Prévert est en réalité la liste des biens constituant l’apport en nature d’un entrepreneur à sa nouvelle société. La SPRL baptisée "L’Enfer" exercera ses activités, vous l’aurez compris, dans l’horeca: discothèque et débit de boissons. On devine que cette énumération aura quelque peu agacé le notaire qui a enregistré l’acte de constitution, car dans le document, la liste s’arrête brusquement sur la formule: "En synthèse, l’ensemble des biens qui sont apportés par Monsieur… sont les suivants: un compresseur à 19.900 euros et du matériel horeca pour 20.000 euros."

Voir le (long) poème spontané récité par le starter soudain réduit à un triste énoncé en deux mots secs et lapidaires n’a-t-il pas quelque chose de désolant? Comme si l’on ne pouvait introduire de poésie dans l’univers économique, sous peine de se voir sévèrement rappelé à l’ordre… Comme si l’on ne pouvait regarder… l’enfer du décor?

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