Les partis flamands défendent Bruxelles contre De Wever

Bart De Wever

Quand le président de la N-VA réclame la suppression de la Région bruxelloise, il se fait reprendre au vol par les partis flamands. Ils osent enfin attaquer de front le champion des sondages.

Le président de la N-VA Bart De Wever s’est prononcé ce lundi à la VRT en faveur de la disparition de la Région bruxelloise. " Donnons à Bruxelles les moyens de gérer une ville mais pas de gérer un pays, a-t-il dit. Je pense que le choix de créer une région bruxelloise fut néfaste. "

La star des sondages au nord du pays ne faisait là que répéter un refrain entonné de longue date. Mais, cette fois, non seulement les partis francophones mais aussi les partis flamands s’en sont offusqué. CD&V, sp.a, VLD et Groen ! ont tenu à marquer sèchement leurs divergences de vue. Une manière de montrer aux électeurs que les positions extrêmes de la N-VA compliquent les solutions institutionnelles que la plupart attendent. Et même qu’elles pourraient être dommageables pour la Flandre, qui a besoin de liens avec Bruxelles.

Dans cette dernière semaine de campagne, les partis flamands osent enfin attaquer de front et nommément le parti indépendantiste. On saura dimanche si cette réaction n’est pas un peu trop tardive.

La présidente du CD&V, Marianne Thyssen, a contre-attaqué sur un double registre. Pragmatique d’abord : " aucun francophone ne voudra conclure un accord à ce sujet. Tenons-nous en à ce qui est faisable", a déclaré la candidate Première ministre, confirmant son souhait de négocier " entre gens bien élevés ".

Thyssen se fit ensuite plus ambitieuse pour Bruxelles, " qui situe la Flandre sur une carte internationale " et où il faut donc " pouvoir investir ", au lieu de semer le chaos. " Si le but final devait être la scission du pays, alors il y a beaucoup de chances que nous perdions Bruxelles; or, nous voulons renforcer le lien de la Flandre avec Bruxelles ", a-t-elle expliqué, montrant ainsi l’impact des positions extrêmes de la N-VA.

Le ministre flamand Pascal Smet (sp.a) a, lui, estimé que Bruxelles n’avait pas besoin de moins de Région mais, au contraire, " de plus de Région ". Il plaide pour un transfert de pouvoirs communaux vers le gouvernement régional. Smet, Bruxellois, est membre du gouvernement flamand, auquel participe la N-VA.

" Les propositions de la N-VA me rappellent celles du Vlaams Belang d'il y a quelques années: provoquer le blocage des dossiers et institutions bruxellois pour faire 'crever' la Belgique ", a indiqué le ministre bruxellois Jean-Luc Vanraes (Vld), assurant préférer le dialogue à la stratégie de la confrontation de Bart De Wever et Geert Bourgeois.

Enfin, Groen ! a également dénoncé ces " discours qui alimentent le conflit ". " Ces propos démontrent que chaque voix accordée à la N-VA ne fera que conforter l'impasse politique ", a déclaré la députée bruxelloise Tinne Van der Straeten, qui réclame aussi un transfert vers la Région de compétences communales en matière de mobilité, d'aménagement du territoire, de logement et de police". Elle demande également " plus de moyens financiers pour Bruxelles ".

 

 

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