Leterme appelle les épargnants à la rescousse

Yves Leterme lance son plan d'urgence pour le pays et propose aux Belges de souscrire à un emprunt d'État pour aider les finances de la Belgique.

Face à la flambée des taux à dix ans, le Premier ministre du gouvernement d'affaires courantes Yves Leterme a demandé à l'Agence de la dette d'activer un emprunt d'État à 4% sur cinq ans dont la souscription débute ce jeudi.

"Vu les difficultés sur les marchés financiers, nous voulons davantage faire appel à la capacité d'épargne des Belges pour financer la dette", explique Yves Leterme.

Le gouvernement entend donner à cette souscription une publicité particulière. Ces dernières années, "cela n'avait pas de sens de faire autant de publicité car le rendement des bons n'était pas très attractif", commente Jean Deboutte, de l'Agence de la dette. "Mais aujourd'hui, les intérêts sont plus confortables", avec 4% au lieu de 3% pour l'emprunt précédent. On n'avait plus connu de taux aussi élevés depuis fin 2008.

Les précédents emprunts avaient rapporté de 70 à 80 millions d'euros. "Cette fois-ci, nous espérons obtenir un multiple de cette somme", ajoute Jean Deboutte.
Après les succès des bons d'État dans les années '90, l'État belge avait perdu l'habitude de se financer auprès des particuliers. L'encours des bons d'État n'atteint aujourd'hui que 4 milliards d'euros, soit à peine plus d'1% de la dette publique.

Du pour et du contre

Toutefois, pour l'épargnant qui avait investi dans les bons d'État au cours des précédentes émissions, la hausse actuelle des taux n'est pas nécessairement une nouvelle favorable. Cette hausse provoque en effet mécaniquement un repli des cours de ces titres qui sont cotés sur le marché secondaire, et entraîne de la sorte une baisse de la valeur de son portefeuille.

Si l'on reprend l'exemple d'un bon à 5 ans émis (à 100,25 %) en septembre dernier, son cours est tombé, du fait de la hausse des taux d'intérêt, à 92,8 % hier après-midi. En d'autres termes, un bon payé 1.002,5 euros il y a trois mois, ne vaut plus que 928 euros. Pas de panique toutefois. L'investisseur, qui n'est pas contraint de se débarrasser de ses bons aujourd'hui, retrouvera bien sa mise de départ (100 %) une fois le bon arrivé à maturité.

Vu la chute récente des cotations des bons d'État, il est bon de savoir qu'il peut être plus profitable de s'intéresser à ces titres "décotés", plutôt que de participer à l'émission des nouveaux bons d'État. Avec un cours tombé à 92,8 %, le rendement du bon à 5 ans émis en septembre offre un rendement à l'échéance proche de 4,7 %, contre 4 % pour celui dont la souscription démarre ce jour.

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