Luc Coene, ancien gouverneur de la Banque nationale de Belgique, est décédé chez lui, à l'âge de 69 ans.

Luc Coene, ancien gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB), est décédé chez lui, à l'âge de 69 ans.

Diplômé en sciences économiques (Université de Gand, puis Collège d'Europe), il avait intégré la Banque nationale en 1973. Il a été sénateur (coopté) VLD de 1995 à 1999, puis chef de cabinet du Premier ministre Guy Verhofstadt de 1999 à 2003.

De 2003 à 2011, il est vice-gouverneur de la BNB, puis, d'avril 2011 jusqu'en mars 2015, il y occupe la fonction de gouverneur.

Depuis avril 2015, il était membre du Conseil de Surveillance de la BCE à Francfort.

Banquier central, politicien et gestionnaire de crise

Economiste, chef de cabinet, politicien, banquier central donc, mais aussi gestionnaire de crise, et une carrière entière dédiée au service public.

Malade depuis longtemps – il souffrait d’un cancer – Luc Coene n'a pourtant jamais cessé de travailler. En 2015, il avait encore demandé une prolongation de son mandat de gouverneur de la Banque Nationale de Belgique. Et lorsque sa demande a été refusée, il a accepté un mandat au sein du conseil de surveillance de l’autorité de contrôle bancaire européenne, qui fait partie de la Banque Centrale Européenne (BCE). Ces derniers mois, il a participé activement à la rédaction d’un rapport d’expertise pour le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, concernant l’avenir de Bruxelles en tant que centre financier. Il n’aimait pas parler de sa maladie. Son seul commentaire : " Je suis touché par le destin. "

Luc Coene était un " workaholic ". " Je n’ai aucun hobby ", avait-il reconnu un jour au cours d’une interview. " Ma femme dit que mon hobby, c’est mon travail. " Une de ses rares fonctions en dehors de son travail était son poste de vice-président de La Monnaie, l’opéra de Bruxelles. Il fut aussi pendant longtemps membre de la fondation Het Laatste Nieuws, un club d'éminents libéraux qui veillaient sur la ligne politique du quotidien flamand.

Luc Coene n’était pas un grand stratège, mais un homme d’action. Il l’a prouvé en 2008 lorsqu’en tant que vice gouverneur de la banque nationale, il a résolument pris la direction d’une commission d’experts mise sur pied par le gouvernement pour sauver du naufrage les grandes banques belges, à un moment où tant le gouverneur de la Banque Nationale Guy Quaden que Jean-Paul Servais, le président de l’autorité de contrôle – à l’époque la CBFA – n’avaient pas de solution immédiate face aux événements.

Le rôle de gestionnaire de crise était inscrit dans ses gènes. " Luc Coene reste toujours calme. C’est sa force. Il est extrêmement rationnel et reste de marbre, même dans les situations les plus difficiles", expliquait un de ses collègues.

Ses partisans – et opposants – vantaient son intelligence et sa puissance de travail. " Je suis un technicien ", disait Coene modestement. " En principe, je ne dois pas faire de déclarations politiques. " Mais en prenant de l'importance, Coene est parfois sorti de son rôle et s'est positionné politiquement. Il est notamment entré en conflit avec le patron de l’époque de l’Unizo – Kris Peeters – et a joué un rôle important dans la création de SN Brussels Airlines et la privatisation de Brussels Airport, l’exploitant de l’aéroport de Zaventem.

"Mon compagnon de route de plus de 30 ans"

©EPA

"Dans toutes les fonctions qu'il a endossées, c'était un exemple pour la génération qui lui succédait", a réagi Guy Verhofstadt, regrettant la perte d'un "compagnon de route de plus de 30 ans". "Je lui en encore rendu visite il y a quelques semaines à peine. C'était troublant de le voir si malade". Mais l'ancien Premier ministre veut se souvenir de lui "comme il a été durant sa vie: un collègue combatif lorsqu'il était au Sénat, un pilier en tant que chef de cabinet, deux fois, et surtout un gouverneur de la Banque national indépendant, toujours prêt à exprimer clairement son avis".

 
     
  

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