Magnette: "Tant que le ciel sera assombri, le PS se met en réserve au Fédéral"

©Photo News

Paul Magnette a réaffirmé lors des voeux du parti les propositions faites par le passé. Il a appelé les autres formations à aussi opter pour la clarté. Et réaffirmé l'unité qui existe avec le sp.a.

"J'entends certains dire qu'ils font des ouvertures... Eh bien qu'ils le démontrent", a finalement rétorqué Paul Magnette à la N-VA par vœux du Nouvel An interposés ce jeudi. De quoi rejeter la balle dans le camp des nationalistes flamands, cinq jours après que leur président, Bart De Wever, avançait devant plus de 5.000 militants que le prochain gouvernement fédéral devrait mener une politique sociale plus forte, avec, en priorité, un relèvement des pensions les plus basses.

Pendant les prochains mois, nous allons ignorer toutes les basses manœuvres politiques, les petites attaques et les viles injures.
Paul Magnette
Président du PS

"De notre côté, on a été clair depuis le début. Notre position n'a pas varié d'un millimètre. Et elle est connue. On veut une pension minimale à 1.500 euros, un refinancement des soins santé, un réinvestissement massif dans la SNCB, soutenir nos camarades syndicaux dans leur combat pour le relèvement des salaires minimums - qui n'ont plus été augmentés depuis dix ans -, et relever toutes les allocations sociales au-dessus du seuil de pauvreté", a martelé le nouvel homme fort du Parti socialiste.

"Nous avons chiffré ces propositions, nous les avons détaillées, et présentées à l'ensemble des partis au cours des négociations." En clair, le PS connaît la méthode qu'il entend employer. Et attend "désormais des autres formations politiques qu'elles fassent preuve de la même clarté, qu'elles disent devant la population comment elles vont s'y prendre pour faire face aux défis de notre temps."

"On va consacrer notre temps aux choses vraiment utiles"

2020 sera aussi l'année où nous allons penser à nous.
Paul Magnette

Voilà pour la main tendue. Pour le reste, "2020 sera aussi l'année où nous allons penser à nous", a évoqué le président "d'un grand parti populaire et avec plus de 75.000 militants, 3.000 élus de terrain".

"Pendant les prochains mois, nous allons ignorer toutes les basses manœuvres politiques, les petites attaques et les viles injures. À chaque fois qu'une table (de négociateurs, NDLR) se réunira autour de la bonne volonté, nous répondrons présent. Mais du reste, tant que le ciel sera assombri, comme maintenant, nous nous mettrons en réserve au Fédéral. Et ce, car nous voulons consacrer notre temps à des choses vraiment utiles", a affirmé l'ex-informateur royal, en guise de bonne résolution.

D'ailleurs, à l'en croire, on ne verra que peu la place de cette décision de repli, car "aucune réunion n'a été programmée depuis un certain temps", a-t-il expliqué.

Unité réaffirmée avec le sp.a

De quoi donner du temps au parti, donc, pour relancer ses travaux autour de commissions thématiques du côté du Boulevard de l'Empereur, mais aussi du lien qui unit, selon Paul Magnette, le PS avec son alter ego flamand: le sp.a. "Nous avons beau être deux partis, nous constituons une seule famille, qui partage les mêmes valeurs et les mêmes combats. Et, ensemble, nous sommes la première famille politique du pays. Il faudrait que certains s'en souviennent", a tenu à rappeler le Carolo, Conner Rousseau à l'appui.

Conner Rousseau et Paul Magnette ©BELGA

En effet, le jeune président du sp.a avait fait le déplacement en Hainaut, sur le modèle du duo Rutten-De Croo venu assister aux vœux du MR à Wavre le week-end dernier. L'homme en a profité pour prévenir, à l'occasion de son premier discours en français, "ceux qui veulent diviser les gens et le pays": ils ne "réussiront jamais (...) et surtout pas à diviser le socialisme".

Pour Rousseau, l'homologue francophone peut servir de modèle. En effet, "vous, vous faites votre boulot. Nous en Flandre, on n'y est pas encore", a-t-il ironisé. Avant de conclure qu'il faudra désormais se montrer constructifs et "parler avec tout le monde" - l'exclusive à l'égard de la N-VA n'a d'ailleurs pas été rappelée jeudi.

Pieter De Crem: "Je vois que les portes ne sont pas, ou plus, claquées"

Le ministre de l'Intérieur Pieter De Crem (CD&V) voit les paroles de Paul Magnette et de Conner Rousseau comme une potentielle ouverture de la famille socialiste envers la N-VA. C'est ce qu'il a laissé entendre ce jeudi soir sur le plateau de "Jeudi en Prime".

"Au début des pourparlers, j'ai entendu à un certain moment 'jamais avec la N-VA', et ce soir je ne l'ai pas entendu. C'est donc un nouveau fait politique. Je vois que les portes ne sont pas, ou plus, claquées. Ce n'est pas une invitation à la valse, mais je ne vois pas d'exclusives mentionnées dans les discours de MM. Magnette et Rousseau", a ainsi assuré Pieter De Crem

Pour le reste, les "conditions" du CD&V restent les mêmes: le "plus grand parti de Flandre, et même du Royaume", doit "avoir l'opportunité de participer aux négociations", et le futur exécutif doit bénéficier d'une majorité dans le groupe linguistique néerlandophone. Ce qui revient dans les faits à une seule et même exigence: la N-VA doit être impliquée, ce que maintiennent les chrétiens démocrates flamands malgré l'opposition manifeste entre les programmes des socialistes et nationalistes.

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