"Marghem pose-t-elle sa candidature pour l'administration Trump?"

Kristof Calvo (Groen): "La semaine dernière, l'équipe Michel critiquait la décision de Donald Trump de se retirer de l'accord de Paris, mais il semble désormais que le président américain a des fans au sein du gouvernement. Cela ressemble à une candidature de Mme Marghem pour l'administration Trump" ©BELGA

Les ambitions climatiques belges sont exagérées selon la ministre Marghem. Celle-ci compte discuter avec les institutions européennes pour assouplir cet objectif. L'opposition s'énerve, mais le Premier ministre aussi...

La Belgique s'est actuellement engagée à faire baisser de 35% ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. La ministre de l'Environnement, Marie-Christine Marghem (MR), souhaite assouplir ces ambitions climatiques belges. Elle compte les négocier à l'échelon européen, selon les titres Mediahuis.

Pourquoi? Cette ambition est exagérée selon la ministre.

"La Commission européenne tient trop peu compte du fait que nous sommes un pays de transit avec beaucoup de poids lourds étrangers et avec une infrastructure vieillissante. C'est pourquoi nous devons négocier au niveau européen pour abaisser cet objectif de 35%" (Marie-Ange Dhondt, la porte-parole de la ministre fédérale)

Immédiatement, cette prise de position a étonné. A commencer par Charles Michel. La décision de Marghem ne représente "pas la position du gouvernement", a réagi le Premier ministre:

"Nous savons qu'il s'agit d'objectifs climatiques très ambitieux, mais nous allons tout faire pour nous y tenir" (Charles Michel) 

→ Ce n'est pas la première fois que Christine Marghem se met en porte à faux par rapport au gouvernement. Relisez notre dossier Le problème Marghem

Face à l'ampleur qu'a prise cette dernière "affaire", le cabinet de la ministre à réagi... en démentant formellement l'information.  La ministre de l'Énergie "n'a nullement l'intention de revoir à la baisse les objectifs climatiques de la Belgique pour 2030" dit son cabinet. Et de rappeler son engagement dans le cadre du pacte énergétique. Alors, quoi?

Volée de bois vert...

En attendant, la sortie de la ministre a suscité de vives critiques. ON comprend: le gouvernement belge avait vertement critiqué la semaine dernière le retrait des États-Unis de l'accord de Paris sur le climat. L'Ecolo,  Kristof Calvo, s'interroge même: "Marghem pose-t-elle sa candidature pour l'administration Trump?"

La ministre bruxelloise de l'Environnement, Céline Frémault (cdH), a quant à elle plaidé sur les réseaux sociaux pour que la Belgique reste ambitieuse. "Réduire notre ambition climatique ? Ce sera sans Bruxelles, je m'y oppose! Au contraire, la Belgique doit accélérer le tempo", a-t-elle estimé.

"Marghem veut réduire notre effort climatique! La Belgique doit au contraire faire mieux et être à la pointe du combat climat/qualité de l'air", a réagi le ministre wallon de l'Environnement, Carlo Di Antonio (cdH).

En Flandre, la ministre Joke Schauvliege (CD&V) affirme ne pas être au courant de la volonté de Marie-Christine Marghem. "Je comprends que le Premier ministre a démenti dans ce dossier qu'il s'agisse d'une position du gouvernement."

Kristof Calvo (Groen): "La semaine dernière, l'équipe Michel critiquait la décision de Donald Trump de se retirer de l'accord de Paris, mais il semble désormais que le président américain a des fans au sein du gouvernement. Cela ressemble à une candidature de Mme Marghem pour l'administration Trump" ©BELGA

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