Michel II soulagé, l'Open Vld embarrassé par le projet d'AIP

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Le gouvernement semble satisfait de l’accord. À l’exception de l’Open Vld mis en difficulté sur les fins de carrière.

Tout ça pour ça. C’est le sentiment glané mardi dans l’entourage du gouvernement Michel quant à l’accord interprofessionnel dégagé par les partenaires sociaux en fin de nuit. "On se demande si cela valait une grève générale, estime un libéral. Mais globalement tout le monde est content."

Tout le monde? Pas vraiment. L’Open Vld n’a pas manqué de montrer son mécontentement vis-à-vis du volet fins de carrière de l’accord au sein du Groupe des dix. Pour cause, celui-ci s’écarte de l’accord de gouvernement et du fameux jobsdeal défendu par Michel I et II.

"On se demande si cela valait une grève générale. Mais globalement tout le monde est content."
un libéral

"Ce n’était pas l’accord, a regretté la présidente des libéraux flamands, Gwendolyn Rutten. Ce n’est pas avec un marché du travail aussi tendu que l’on peut se passer des gens à 58 ans." Du côté d’Alexander De Croo, vice-Premier ministre Open Vld, on ne souhaitait pas réagir alors que les représentants du parti se répandaient sur les ondes pour dire tout le mal qu’ils pensaient de cet accord. Certains évoquent des engagements pris sous la suédoise et empêchant toute baisse de l’âge des prépensions. Les libéraux flamands sont attaqués sur leur droite par la N-VA qui estime que le gouvernement Michel devra s’opposer à cet accord s’il est accepté par les instances patronales et les bases syndicales.

Il y a cependant peu de chance que cela se produise. Au sein du gouvernement, malgré une gêne palpable sur les fins de carrière qui traverse les trois partis de la coalition (MR, CD&V, Open Vld, donc), on se satisfait de cet accord. "Sans accord, c’était le KO assuré", glisse une source proche du gouvernement. Après le blocage intervenu entre patrons et syndicats sur la marge d’augmentation des salaires, le scénario du pire était envisagé: le retour du dossier sur la table du gouvernement en pleine campagne électorale.

Un argument de moins pour la gauche

Vu les réticences exprimées par l’Open Vld ce mardi, l’équipe Michel qui, pour rappel, est à la fois minoritaire, démissionnaire et en affaires courantes, est au bord du couac. ça aurait fait mauvais genre. "Maintenant, quoi qu’il arrive, nous avons un texte approuvé par patrons et syndicats. Si nous étions amenés à en rediscuter. Jusqu’ici l’Open Vld ne dit pas qu’il rejettera cet accord", dit-on.

"Ce n’est pas avec un marché du travail aussi tendu que l’on peut se passer des gens à 58 ans."
Gwendolyn Rutten
Présidente de l’Open VLD

On souligne aussi l’équilibre du compromis. Les patrons obtiennent une augmentation de salaire limitée à 1% et les syndicats décrochent plus que le 0,8% dont il était initialement question tout en mettant cette "victoire" à l’actif de la grève générale. Ajoutons que l’augmentation concerne également les allocations sociales.

Quant aux fins de carrière, l’accord "arrange tant les syndicats que les représentants patronaux, glisse-t-on. Comme souvent, les partenaires sociaux s’entendent pour faire payer à la collectivité le coût du vieillissement", analyse un proche de l’exécutif fédéral.

En attendant, pour le gouvernement, cet accord permet d’envoyer un signal politique pour le moins positif: malgré sa situation délicate, la concertation sociale a pu être menée à bien. Ce qui retire à l’évidence un argument de campagne à l’opposition de gauche. "En Belgique, il y a encore moyen d’avoir une concertation sociale", a d’ailleurs souligné Frédéric Daerden, député PS, interviewé par Bel-RTL. Même l’opposition y trouve donc des motifs de se réjouir. Au sein du gouvernement, on aime aussi à rappeler qu’un premier signal positif avait été envoyé fin de l’an dernier avec la libération de la totalité de l’enveloppe bien-être (plus de 700 millions pour 2019 et 2020) afin de revaloriser les allocations sociales selon une répartition confiée à la concertation sociale.

Pour Charles Michel lui-même, cet accord est également synonyme de victoire. On relèvera par ailleurs que sa nouvelle double casquette, il est à la fois Premier ministre et président du MR, n’a en rien fait dévier son parti de la ligne gouvernementale, ce qui aurait pu relever d’une forme de schizophrénie.

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