Michel excédé par les attaques de la gauche sur la politique d'asile

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Selon son entourage, le Premier ministre juge que Magnette et son opposition au Ceta ont bien plus abîmé la Belgique que la N-VA et Theo Francken.

Ceux qui attendent une inflexion de la politique gouvernementale en matière d'asile et d'immigration - que ce soit sur la scène nationale ou européenne - risquent de rester sur leur faim. Le Premier ministre est en effet convaincu que la voie à suivre en la matière est celle de la fermeté, une voie qui a été menée jusqu'ici par sa coalition et est incarnée par le secrétaire d'Etat Theo Francken.

Selon plusieurs sources, le chef de gouvernement est d'ailleurs "excédé" par la tournure que prend le débat politique à ce sujet. "A un moment, il faut remettre les choses à leur place", a-t-il expliqué à quelques collaborateurs alors qu'il se rend à Berlin pour y rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel.

"Les leçons de la gauche, ces leçons qui nous mèneront droit vers le populisme et l'extrémisme, il y en a plus qu'assez."
Charles Michel

"Dans aucune réunion européenne, je n'ai jamais reçu la moindre remarque sur la N-VA ou l'attitude et les propos d'un membre de mon gouvernement, la seule fois où la Belgique a été pointée du doigt et a vraiment perdu du crédit dans les cercles européens, c'est quand la gauche a mené son combat idiot contre le Ceta. Ça, ça a fortement nui à la Belgique et à son image internationale."

"On me dit: 'Francken a abîmé la Belgique à l'étranger, mais c'est Magnette qui a, en fait, fait le plus de dégâts à l'international. La gauche essaye de faire croire que le pays a une image lamentable, mais la semaine dernière, on a obtenu le vote de 180 pays sur 190 aux Nations unies. Qu'on arrête de dire n'importe quoi, qui peut encore croire", a-t-il dit à son entourage.

Son entourage confirme par ailleurs que Charles Michel est "lassé" de devoir affronter les critiques incessantes des formations politiques de gauche sur l'asile et l'immigration: "Les leçons de la gauche, ces leçons qui nous mèneront droit vers le populisme et l'extrémisme, il y en a plus qu'assez", a-t-il dit, selon son entourage.

"Il faut donner des perspectives claires à ces gens et pour le moment, la réponse européenne est chaotique."
Charles Michel

Côté allemand, la chancelière Merkel est elle-même mise sous pression au sein de sa propre formation politique afin de donner un tour de vis en la matière.

Dans la foulée de son entretien avec Charles Michel, la chancelière a insisté sur le fait que la réponse devait être coordonnée entre les pays européens: "Nous devons rester unis". Angela Merkel a notamment évoqué la situation de l'Italie, fort critiquée pour avoir repoussé le bateau Aquarius. "Je pense que les italiens ont le sentiment qu'ils ne sont pas assez aides par les autres pays européens et qu'il n'y a pas de solidarité à ce niveau la. Ils ont accueilli beaucoup de réfugies".

La réponse européenne est chaotique, ajoute-t-on, côté belge, "il s'agit de remettre de l'orde dans tout cela. D'abord, doper les moyens de Frontex, afin de véritablement sécuriser les frontières extérieures de l'union européenne". Le Premier ministre belge plaide également pour davantage de coopération au développement entre autres dans les pays africains et le développement de hotspots dans les pays d'origine.

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