"Pas facile d'être un supporter du Standard"

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Les coulisses de la semaine

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Yves Leterme, contrôleur financier de l’UEFA, était de passage à Liège. Depuis la fin de son mandat de Premier ministre, le Yprois va – par monts et par vaux – distribuer ses conseils. Pêle-mêle, il dirige actuellement Idea, une organisation de monitoring des processus électoraux, dont le siège est à Stockholm, il siège au board d’un opérateur téléphonique allemand et récemment le groupe Volkswagen l’a même nommé comme conseiller. Mais on ne refera pas Yves Leterme: c’est avec un ballon (rond) que l’homme est le plus heureux. Ce supporter invétéré du Standard est également contrôleur financier en chef de l’UEFA: autant dire qu’il a fort à faire pour le moment avec les grosses cylindrées footballistiques européennes et le respect du fameux fair-play financier. "J’essaye d’éviter de dire que j’habite de temps à autre à Paris", sourit-il alors que le PSG (pardon le "QSG", Qatar Saint-Germain) est dans le collimateur de l’UEFA. Mercredi soir, l’ex-Premier ministre a tout de même eu le temps de poser ses valises pour une soirée au B19 country club de Liège, pour évoquer ses nombreuses casquettes. Estimant que les partis politiques n’étaient plus vraiment adaptés à notre époque, Yves Leterme a tressé quelques louanges à Macron qui, en France, a pu renouveler l’offre politique avec succès. Il est également revenu sur son triomphe électoral en 2007 "Monsieur 800.000 voix": "Du jour au lendemain, j’avais cette grande légitimité électorale flamande et je me suis retrouvé face à Joëlle Milquet et à Olivier Maingain." Et puis, quelques soupirs aussi: "Qu’il est difficile d’être supporter du Standard aujourd’hui." On ne le contredira pas…

Le tout Bruxelles à la Monnaie

Pour une bien belle soirée, ce fut une bien belle soirée. Une soirée orchestrée – pardon pour le jeu de mots – par Philippe Delusinne, car "Delu" portait pour l’occasion sa casquette de président de La Monnaie et non pas celle de CEO de RTL. On comptait donc du très beau monde mardi alors que l’opéra fêtait sa réintégration dans ses bâtiments naturels dans le centre-ville lors d’une soirée de gala. Il y avait là rien moins que trois vice-Premiers ministres: Didier Reynders (ministre de tutelle) et son épouse Bernadette, Jan Jambon (en charge de la Régie des bâtiments) et Kris Peeters. La ministre du Budget Sophie Wilmès avait fait le déplacement tout comme le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort. Hors politique, on a aussi aperçu Luc Bertrand (AvH); lui qui a mis à disposition le site de Tour & Taxis pour la Monnaie durant ses travaux.

Le discours de Philippe Delusinne a notamment porté sur la nécessaire indulgence à avoir en toute occasion ("écouter de l’opéra avec le bruit des avions, ce n’est jamais facile") et sur la bienveillance à l’égard d’autrui. "Un discours très œcuménique, on aurait dit le Pape", sourit un convive. Bref, la soirée a permis de récolter quelque 800.000 euros via entre autres la vente aux enchères de 9 vieilles chaises d’opéra décorées pour la circonstance par des artistes (Arne Quinze, Charles Kaisin…). Et pour les fines bouches, on notera que le "gueuleton" avait été concocté par un quatuor de chefs étoilés, dont Pascal Devalkeneer, Yves Mattagne et Arabelle Meirlaen. Par ici La Monnaie…

Un rouge qui n’est pas un bleu

Amusante passe d’armes mardi dernier en commission des Médias de la Fédération Wallonie-Bruxelles consacrée à l’actualité du secteur: TF1, RTL, etc. Le ministre compétent, Jean-Claude Marcourt, était interpellé par les députés de l’opposition MR Olivier Maroy et Olivier Destrebecq. Ceux-ci ont pointé son immobilisme dans ces dossiers. "Vous qui êtes un homme d’expérience, vous n’êtes toute de même pas un ‘bleu’ dans ces matières", lui a lancé le dernier nommé. "Ah, non!" a sèchement répondu le rouge Marcourt. Eclat de rires dans l’assemblée. Son collègue Maroy s’est quant à lui étonné de ce manque de réactivité. Faisant allusion à la perte de son maroquin de ministre de l’Économie à la Région wallonne, il a lancé perfidement au ministre: "Alors qu’avant vous étiez un homme très occupé, vous avez quand même du temps maintenant!"

Relations polaires dans le milieu des médias

A l’exception notable du ministre des Médias, Jean-Claude Marcourt, le gratin audiovisuel francophone était réuni jeudi soir aux Halles Saint-Géry pour fêter les 20 ans du CSA, le Conseil supérieur de l’audiovisuel. L’occasion pour son président, Dominique Vosters, étiqueté PS, de revenir sur une de ses marottes: ces opérateurs qui ciblent le marché francophone tout en échappant au contrôle du CSA, à savoir les Gafan (Google, Amazon, Facebook, Apple, Netflix), TF1 et… RTL. Et qui trouvait-on dans la salle, tout sourire et très entouré? Philippe Delusinne, patron de RTL Belgium! "C’est un peu de la provoc’ de sa part car il ne vient jamais dans ce genre d’événement", confiait un convive. Et de fait, cet été, le CSA a décidé de réguler à nouveau RTL alors que son patron martèle que son seul contrôleur, c’est le régulateur luxembourgeois.

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Et si certains spéculent sur un retour de RTL dans le giron du CSA, comme s’il voulait faire amende honorable dans un contexte délicat pour lui (baisse des recettes pub, arrivé de TF1, lourde restructuration)… d’autres rappelaient, à juste titre, que la présence de Philippe Delusinne était parfaitement légitime, car contrairement à ses chaînes de télé, ses radios, Bel RTL, Contact et Mint (sur le web) dépendent bel et bien du CSA. Si Philippe Delusinne était un peu, à son corps défendant, la "guest star" de l’événement, ses relations avec le patron de la RTBF, Jean-Paul Philippot, restent polaires. Les deux hommes se sont salués, sans plus: "Cela fait des mois qu’ils ne se parlent plus", confie un observateur du secteur.

Un opérateur taillé en pièces?

Ambiance lors de l’inauguration du nouvel "innovation center" de Telenet… Sur le podium, les quelques invités de marque présents pour l’occasion se sont vus confier une banderole aux couleurs de l’opérateur. Se pose rapidement la question de savoir qui va la couper.

Après quelques tractations, la paire de ciseaux arrive entre les mains d’Alexander De Croo, leministre des Télécommunications.

Tout sourire, l’homme lance à John Porter, CEO: "Vous ne voudriez tout de même pas que je taille Telenet en pièces?", en référence au pouvoir dont il dispose de limiter la dominance de l’opérateur dans le fixe si l’envie lui en prenait. Il n’en fallait pas plus pour déclencher une vague de rires dans la salle. Mais ce n’est pas tout. Par la suite, un haut profil de chez Liberty Global, groupe à la présence mondiale dont Telenet fait partie, explique sur scène que nombre d’innovations développées en Belgique sont ensuite exportées vers les autres marchés où l’entreprise est active. Très bien. Les mauvaises langues espèrent juste que les prix élevés à la belge n’en font pas partie…

Fillon, Coucke, Thiam&Co au Zoute GP

Le point commun entre François Fillon, Marc Coucke et Nafissatou Thiam? A priori, aucun. Si ce n’est l’amour des "oldtimers". Ce week-end, une belle brochette de patrons et autres people participe au Zoute Grand Prix, un rallye réunissant quelques magnifiques bolides du temps jadis. En "pole position", on pointera François Fillon et son épouse, la tout aussi célèbre Penelope. L’ex-candidat Les Républicains à la présidence française est, on le sait, un fan de belles carrosseries et un pilote émérite, une passion qu’il tient de ses origines mancelles là où se déroulent les célèbres 24 heures. Sur la grille de départ de la place "m’as-tu-vu", on trouve aussi le duo Marc Coucke-François Fornieri. Le premier est le président du conseil d’administration de Mithra, l’entreprise pharma créée par le second. Herman Van Holsbeeck, le directeur sportif d’Anderlecht s’alignera sur une Audi (sponsor du Sporting) en galante compagnie, celle de la médaillée olympique et championne du monde d’heptathlon Nafissatou Thiam. Parmi les autres figures connues du business, on trouve aussi Serge Litvine (Villa Lorraine) au volant d’une Ferrari ou encore Didier Malherbe (UCB) qui pilotera une Austin Healey. Reste à voir s’ils troqueront leur pantalon couleur cerise pour une combinaison ignifugée…

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