Patrons et syndicats recalent la pension à mi-temps

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Réunis au sein du Comité de gestion du SPF pension, les partenaires sociaux ont rendu un avis négatif sur la pension à mi-temps.

Les partenaires sociaux, réunis au sein du Comité de gestion du SPF pension, ont rendu un avis unanime sur le projet de pension à mi-temps. Avis 100% négatif, a-t-on appris à bonne source.

Les syndicats et les patrons se sont accordés pour recaler le projet qui doit permettre aux travailleurs de décrocher en partie à la fin de leur carrière, en pointant des lacunes dans le système qui le rend difficilement explicable et praticable.

Pour rappel, la pension à mi-temps telle que conçue dans l'avant-projet de loi du ministre des pensions Daniel Bacquelaine serait accessible aux travailleurs du secteur privé à partir de l'âge de 63 ans, à condition de remplir certaines conditions: une durée de carrière de 42 ans et avoir presté au minimum un 4/5e temps dans l'année qui précède la prise de la pension à mi-temps.

Pour les carrières longues, ces conditions sont plus souples: départ possible à 60 ans avec 44 ans de carrière, ou 61 ans avec 43 ans de carrière. 

Opposition sur le fond

On savait déjà les syndicats opposés à ce projet. Les organisations de défense des travailleurs estimaient en effet qu'il lésait financièrement le pensionné, celui-ci se retrouvant légèrement pénalisé financièrement au moment de la prise de sa pension comparé à un travailleur optant pour le régime du crédit-temps de fin de carrière. Les syndicats avaient également pointé le fait que trop peu de femmes auraient accès au système de pension à mi-temps.

Ici, c'est l'ensemble des partenaires sociaux qui s'oppose au projet, patronat compris. Les partenaires sociaux estiment notamment que le projet ne tient pas compte des carrières mixtes. Les fonctionnaires sont laissés pour compte. Ils  bloquent aussi sur le fait que les travailleurs désirant prendre leur pension à mi-temps devront obligatoirement avoir presté leur job chez le même employeur durant les 12 mis précédent la prise de la pension. 

Les syndicats et patrons estiment donc le projet trop rigide, étant donné qu'il freine la mobilité des travailleurs (que ce soit entre régimes de travail ou entre employeurs). 

Les partenaires sociaux pointent aussi un certain nombre d'obstacles pratico-pratiques, et avancent certaines améliorations à apporter au projet. Notamment pour les travailleurs qui tomberaient malades ou seraient licenciés. "Le projet doit être adapté de sorte que le travailleur ne puisse pas être privé de revenu". Les partenaires sociaux suggèrent que ces personnes puissent être mise à la pension complète directement. 

Ils pointent enfin la faisabilité technique du projet, qui va imposer une surcharge administrative importante aux entreprises, notamment en raison de la double condition d'accès imposée pour la pension à mi-temps. Sans compter la surcharge pour l'administration des pensions, déjà sollicitée de manière maximale au travers des autres projets de réforme des pensions.

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