Pieter De Crem qui snobe les Wallons en Afrique

©Nicolas Vadot

La mission économique qui a énervé les Wallons/Les "camarades" se mobilisent pour le bal de la bourgmestre/L'administrateur d'Anderlecht qui risque de ne pas plaire à son sponsor/Un titre de consul honoraire qui disparaît/Une province qui espère des jours meilleurs.

En Afrique, De Crem a snobé les Wallons…

Pas contents, les Wallons qui ont appris par la bande que Pieter De Crem (CD&V) menait une mission économique en Afrique de l’Ouest, sans avoir averti ni la Région wallonne ni même la Région flamande… La preuve, dit-on côté wallon: seules des entreprises flamandes accompagnaient le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur lors de son trip africain. "Déloyal et surtout, on passe tous pour des ânes aux yeux de nos interlocuteurs locaux qui voient les Belges débarquer en rangs divisés", dit-on dans l’entourage du ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt.

"C’est déloyal. Et surtout, on passe tous pour des ânes aux yeux de nos interlocuteurs locaux…"
Dans L’entourage du ministre wallon de l’Economie après le raid en solo de Pieter de crem en Afrique.

L’Awex, l’Agence wallonne à l’exportation, s’est étonnée de ce raid solo du Fédéral et s’est ouvert de la question lors d’une récente réunion entre toutes les autorités en charge du commerce extérieur en Belgique. "Oui, mais nous, non plus, ne sommes pas au courant des missions wallonnes", s’est plaint le représentant du Fédéral en guise de contre-attaque. "Euh, awex.be", lui a simplement rétorqué la représentante du ministre Marcourt pour bien signifier que tout le programme wallon, lui, était connu de tous…

Tous au bal

Le bal de la bourgmestre en titre de Jurbise, Jacqueline Galant (MR), également ministre fédérale de la Mobilité, risque d’avoir un goût amer ce samedi 6 février. Les cheminots de la SNCB ayant annoncé leur venue, la fête pourrait être chahutée par la présence de ces "invités non désirés". La section bruxelloise de la CGSP Cheminots a donné rendez-vous à 20h30 à ses affiliés et tous ceux qui le souhaitent à l’adresse du bal de la "ministre de l’immobilité" à Jurbise pour agrémenter l’événement de ses revendications. L’objectif est de dénoncer les coupes claires imposées au groupe SNCB (663 millions sur 5 ans) et l’obligation de réaliser une augmentation de productivité de 20% sur la période. Les dirigeants bruxellois du syndicat socialiste annoncent aussi la participation de représentants des riverains victimes du bruit des avions de Brussels Airport et la présence de dockers. Comme les manifestants sont des "indésirables au bal de la bourgmestre" et comme ils ont annoncé leur venue, il y a de fortes chances qu’un comité d’accueil composé de policiers locaux fasse en sorte qu’ils ne perturbent pas trop la bonne ambiance du bal. Reste à savoir s’ils feront autant de bruit que celui des avions de Brussels Airport qui survolent notamment de nuit la capitale.

Win or… lose?

Philippe Collin n’est pas seulement membre du comité de direction du Sporting d’Anderlecht, il est aussi, entre autres, cofondateur et administrateur de la société Rocoluc. Celle-ci organise des jeux de hasard via une salle de jeux "réelle" ou en ligne via le site casinobelgium.be. Récemment, Rocoluc a été attaquée en justice par plusieurs casinos (lire en page 3) pour avoir, selon ces derniers, usurpé le nom de "casino" sur son site. L’action s’est retournée contre les casinos et leurs partenaires actifs dans les paris sportifs, car le tribunal de commerce a estimé qu’ils s’étaient associés à tort sur leurs sites en ligne. Le juge a en outre considéré qu’ils n’avaient pas le droit d’accepter des paris (sportifs) en ligne mais qu’ils devaient le faire physiquement, via une vraie agence et des responsables en chair et en os… Le hic, c’est qu’un des partenaires de paris visés est BWin, qui n’est autre qu’un des importants sponsors du Sporting d’Anderlecht! Philippe Collin a donc des soucis à se faire puisqu’il se trouve, certes indirectement, à l’origine d’une condamnation de la façon de procéder de son sponsor. Ce n’est pas ce qu’on appelle une action win-win…

Le titre de consul honoraire du Chili…

Renvoyé désormais définitivement devant le tribunal correctionnel de Liège pour avoir utilisé des fonds publics à des fins privées dans le cadre de sa fonction de directeur général de Liege Airport, Luc Partoune vient de perdre le soutien des autorités chiliennes. Selon nos informations, l’ambassade du Chili a informé à la mi-décembre le ministre belge des Affaires étrangères que le pays a mis fin à ses fonctions de consul honoraire du Chili dans les provinces de Liège et de Luxembourg. La décision du Chili s’inscrit dans la volonté de ses dirigeants de restructurer leur bureau de représentation diplomatique à l’étranger, mais l’inculpation de Luc Partoune et son renvoi définitif en correctionnelle auraient pesé négativement dans le dossier. Depuis l’éclatement de l’affaire en 2009, le Chili a maintenu sa confiance au directeur général de Liège Airport en lui permettant de garder sa fonction de consul honoraire, ce qui renforce son honorabilité avec la mention CC (corps consulaire) qu’il arbore à côté de la plaque d’immatriculation de sa voiture. Selon des sources proches du dossier, le désormais ex-consul honoraire du Chili n’a prévenu ses pairs du corps consulaire que le 16 décembre via un courrier sur un papier sous en-tête de la direction générale de Liege Airport. Dans son courrier, il les informe qu’il n’assume plus les fonctions de consul honoraire depuis le 15 décembre, alors que la notification de l’ambassade du Chili ferait état d’une fin de mission en date du 23 octobre 2015.

… et le dossier chilien

Des observateurs se demandent aussi si la décision des autorités chiliennes ne fragilise pas la position du Luc Partoune à la tête de Liege Airport. Dans le réquisitoire dressé par le parquet de Liège à charge de Luc Partoune, il y avait justement un dossier chilien. Il lui est reproché d’avoir fait travailler, à de nombreuses reprises, des salariés de l’aéroport (durant des heures de service) pour le compte de l’ASBL Chili Découverte qu’il dirige. L’enquête révèle que Luc Partoune a mis gratuitement à la disposition de son ASBL les locaux de Liege Airport pour l’organisation d’une séance de dégustation de vins chiliens, alors que le montant habituel des frais de location desdits locaux peut être évalué à 6.000 euros. Le procureur du roi demande aussi qu’il soit jugé pour avoir fait supporter à l’aéroport de Liège une facture de 2.153 euros pour la fourniture de 5.000 enveloppes à en-tête du consul honoraire du Chili (lui-même donc) en vue de l’envoi d’invitations à la dégustation de vins.

Le Hainaut, un vrai faux convalescent?

Soutenue à coups de milliards d’euros depuis le milieu des années 90 par les programmes wallo-européens, la Province de Hainaut (37% de la population wallonne) voit-elle son taux de chômage, record wallon absolu depuis des décennies, enfin baisser? Oui, à lire les dernières statistiques pour 2015 qui révèlent un taux de 15,7% contre 18,3% en 2014 et 19% en 2013.

Pour mémoire, en 2015, le chômage wallon était de 13,4% et celui du royaume de 9,5%.

Mais à bien y regarder – et c’est le député provincial libéral et hennuyer Gérald Moortgat qui a soulevé le lièvre – cette baisse de 2015 est à corréler, directement et quasi mécaniquement, au nombre d’exclus du chômage en Hainaut depuis le 1erjanvier 2015 suite aux dispositions prises par le gouvernement… Di Rupo! Bref, il s’agit pour Moortgat, qui sait calculer – c’est un ingénieur civil de formation! – d’une fausse bonne nouvelle, la situation socio-économique du Hainaut restant globalement à la traîne. L’an dernier, pas moins de cinq communes hennuyères affichaient encore des taux de chômage supérieurs à 20%: Farciennes, Bernissart, Quiévrain, Colfontaine et Quaregnon. Pour les grandes agglomérations, la ville de Paul Magnette était à 19,7% et celle d’Elio Di Rupo à 17,4%.

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