Pour son 4e discours sur l'état de l'Union, Michel est sur du velours

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La relative bonne santé socio-économique du pays et une grève impopulaire placent le Premier ministre en position confortable avant son speech de rentrée. Reste à apporter des solutions à la mobilité.

Tranquille. Pas les mains dans les poches, mais presque. "La première année, j’étais le kamikaze; la seconde, j’étais un fasciste; la troisième, on m’a plombé avec des questions de fiscalité; cette année, on a que des bons résultats à présenter."

"On nous a traités de kamikazes, puis de fascistes. Cette année, c’est vrai, tous les feux sont au vert."
Une source gouvernementale

C’est en substance ce qu’a confié le Premier ministre à son équipe alors qu’il mettait la dernière main à la déclaration sur l’état de l’Union. Un discours qu’il doit prononcer ce mardi après-midi au Parlement fédéral et qui, traditionnellement, marque le coup d’envoi de la rentrée parlementaire.

Vous l’aurez compris: face à une opposition morcelée – on attend d’ailleurs beaucoup du nouveau patron du PS à la Chambre Ahmed Laaouej – et alors qu’une grève de la CGSP vient servir des arguments sur un plateau au gouvernement fédéral, Charles Michel est sur du velours.

Grosso modo, trois chapitres dans la déclaration qu’il va formuler.

♦ Primo, aligner les chiffres et les résultats des réformes initiées depuis maintenant trois ans. Outillé par le Bureau du plan, la BNB, etc., Michel doit insister sur la réforme du marché du travail qui, selon ces organismes, permet à la Belgique d’être dans un trend "historiquement" positif en termes de création d’emplois, redire que le handicap salarial se résorbe par rapport aux pays voisins, que la réforme des retraites est un élément indispensable du puzzle qui doit permettre à la Belgique de tenir la route dans les années à venir.

Le Premier devrait également en remettre une couche sur les impôts (IPP, Isoc) qui baissent et le pouvoir d’achat qui, parallèlement, augmente. Bref, le cap socio-économique a été fixé et il n’est pas question de changer d’un iota la direction qui a été prise d’autant, va asséner le Premier ministre, que les résultats commencent à être tangibles.

♦ Secundo, Charles Michel devrait prendre soin de dire quelques mots sur le chapitre international: il affectionne particulièrement le cadre européen et devrait insister sur la nécessaire relance de l’Union européenne; il ne manque d’ailleurs jamais une occasion de rappeler qu’il est proche des Premiers ministres luxembourgeois, néerlandais et français.

♦ Tertio, parce que c’est dans l’ADN de cette coalition gouvernementale, le Premier ministre devrait aussi s’épancher sur le volet sécurité – même si la thématique a quelque peu été reléguée à l’arrière-plan et était davantage brûlante les années précédentes.

Charles Michel ne mettra la dernière main à son speech que ce mardi matin, dans la foulée d’un conseil des ministres restreint lors duquel les vice-Premiers ministres seront consultés. Plusieurs éléments doivent encore être développés et la place qu’ils occuperont dans cette déclaration sur l’état de l’Union sera scrutée.

La question de la mobilité hante les citoyens de ce pays et il apparaît opportun que le Premier ministre apporte une réponse forte et concrète au désarroi des centaines de milliers de Belges qui ne savent plus à quel saint se vouer en la matière.

En filigrane pointe évidemment la question bruxelloise: peut-on faire l’économie d’un véritable débat sur la gouvernance et la gestion d’une région, capitale de l’Europe, qui, hélas, devient davantage la risée du monde et de l’Europe chaque jour?

Last but not least, réinsister sur l’importance des accords de Paris sur le climat: à l’heure où le président américain les met en danger, la Belgique serait bien avisée de dire et de redire combien le combat contre le réchauffement de la planète est le sien. Wait and see.

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