analyse

Qu'y a-t-il dans ce fameux "jobs deal"?

©Photo News

Depuis cette nuit, on ne parle que de lui. Le dernier né du gouvernement fédéral est arrivé aux aurores. Son nom? "Jobs deal." Son objectif? Créer 12.500 emplois, notamment dans les métiers en pénurie, grâce à 28 mesures. Son principe? Lisez la suite!

Tout est parti d'un constat: selon la Commission européenne, il y a 134.750 postes vacants sur le marché de l'emploi belge. Soit le double par rapport à 2015. Détail important: on parle ici des métiers en pénurie. Le "jobs deal" vise à répondre à ce problème pour tenter d'en réduire le nombre avec, en trame de fond, remettre au travail les chômeurs. 

Pour tout savoir sur l'accord budgétaire conclu par le Fédéral ce mardi 24 juillet, lisez:

Notre explication en 4 points:

Notre live de la journée avec toutes les réactions: 

Nos analyses: 

→ Comment? 

D'abord, les gouvernements régionaux et les partenaires sociaux ont transmis leurs propositions au gouvernement fédéral. Puis le gouvernement Michel a tranché. 28 mesures seront d'application. En voici quelques-unes:

1• Dégressivité des allocations de chômage accélérée

Déjà, sous le gouvernement Di Rupo, un système d'allocations de chômage dégressives avait été mis en place. En cas de perte d'emploi, l'allocation diminuait graduellement jusqu'à 1.100 euros pour les chefs de ménage et 700 euros pour les cohabitants. 

Ici, dans les 6 mois qui suivent le licenciement, les allocations de chômage seront augmentées (phase 1)

Ensuite, le gouvernement va accélérer la dégressivité, c’est-à-dire que le montant de l’allocation baissera plus vite avec le temps. Le forfait minimum sera donc plus vite atteint (phase 2).

Un arrêté royal fixera les modalités: durée des périodes de dégressivité, degré de dégressivité et catégories de personnes concernées.

2• Coup de pouce pour la formation 

Une personne sans emploi qui désire se former pour l'un de ces métiers en pénurie bénéficiera d'avantages. Exemple: aucune dégressivité ne sera imposée à son allocation. Elle sera maintenue s'il suit un stage ou une formation.

Pour nous, le plus important est d'activer les chômeurs, les personnes en RCC (chômage avec complément d'entreprise) et les personnes qui ne sont pas actives et stimuler la formation en direction des métiers en pénurie.
Kris Peeters (CD&V)
Ministre de l'Emploi

3• Prépension à 60 ans

En cas de restructuration, il était possible de prévoir des prépensions à 56 ans. Or, dès 2019, la prépension pour restructuration passera à 59 ans et à 60 ans en 2020. Les conditions de carrière minimales sont portées de 40 à 41 ans au premier janvier 2019.

4• Crédit-temps allongé

Le crédit-temps pour suivre une formation en pénurie sera allongé : il passe de 36 à 48 mois.

5• Productivité plutôt qu'ancienneté

Le gouvernement envisage de s'attaquer aux barèmes liés à l'ancienneté et de les remplacer par un système fondé sur la productivité et la compétence. Il faudra discuter avec les partenaires sociaux, peu friands de cette mesure. 

La productivité et la compétence sont loin d'être des critères objectifs. Une importante transformation de notre système barémique a déjà eu lieu il y a une dizaine d'années. La productivité et la compétence, qui sont avancées comme les nouveaux critères qui devraient être pris en compte, sont loin d'être des critères objectifs.
Syndicat Setca

 

 

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