analyse

Quelles coalitions possibles sans le PS?

Un vote lors d'une session plénière au Parlement fédéral.

La constitution d'une majorité gouvernementale sans les socialistes francophones apparaît pour l'heure exclue. Pour autant, l'attitude de certains partis pourrait évoluer si le blocage persiste.

"Le PS ne veut pas participer à un gouvernement à tout prix." Cette phrase, lancée ce vendredi par Paul Magnette, laisse entendre que les socialistes pourraient prolonger leur cure d'opposition au Fédéral. Un exécutif sans le plus grand des partis francophones constitue-t-il pour autant une option viable?

Le PS ne veut pas participer à un gouvernement à tout prix.
Paul Magnette
Président du Parti socialiste

En partant du principe que les partis extrêmes, de gauche et de droite, restent écartés, deux coalitions sont possibles sur papier. Tout d'abord, une "jamaïcaine", qui regrouperait 88 sièges avec la N-VA (24), le MR (14), l'Open Vld (12), le CD&V (12), le cdH (5), Ecolo (13) et Groen (8). Théoriquement réalisable, un tel attelage n'a cependant quasi aucune chance de voir le jour vu le veto exprimé par les écologistes francophones à l'encontre des nationalistes flamands. Le co-président d'Ecolo Jean-Marc Nollet appelait encore samedi dernier dans L'Echo les autres partis à choisir le "plan B, comme Belgique" et à s'engager dans une formule sans la N-VA.

Sans les écologistes?

Une autre option, certes moins confortable, reste envisageable sans les écologistes. Elle consisterait en une coalition regroupant N-VA, Open Vld, sp.a, CD&V, MR et cdH, soit un total de 76 sièges sur 150. Avec l'apport du député indépendant, mais élu sur une liste N-VA, Jean-Marie Dedecker, cette alliance pourrait disposer d'un strapontin de plus.

Nous sommes dans un jeu dont la partie est durable et où l'attitude des formations peut évoluer au fil du temps.
Pierre Vercauteren
Politologue UCLouvain

Un tel scénario signifierait que les socialistes flamands lâcheraient leur parti frère francophone. Crédible? "Si l'on s'en tient aux déclarations récentes de l'homologue flamand de Paul Magnette (Conner Rousseau, NDLR), non. Mais nous sommes dans un jeu dont la partie est durable et où l'attitude des formations peut évoluer au fil du temps", estime Pierre Vercauteren, politologue à l'UCLouvain.

Avec le prolongement du blocage politique, tout serait donc possible. "Prenez le cas du cdH. Au départ, ce parti avait dit: 'nous allons dans l'opposition parce que nous avons été sanctionnés'. Mais avec une crise qui est durable, il a précisé qu'il prendrait ses responsabilités pour débloquer la situation si cela s'avérait nécessaire", rappelle Vercauteren.

En parlant du cdH justement, comment se positionne-t-il? Il y a quelques semaines, trois députés fédéraux humanistes assuraient que rien ne pouvait être exclu. Dans la foulée, leur président Maxime Prévot les avait contredits, jugeant que le scénario d'un gouvernement sans le PS, mais avec la N-VA s'excluait de lui-même.

Nouvelles élections

Faute d'avancées dans les prochains jours, la piste d'un retour aux urnes devrait à nouveau occuper l'avant-scène. Dans ses sorties médiatiques, Paul Magnette évoque aussi cette éventualité. "Entre accepter n'importe quoi et les élections, on préfère que le peuple se prononce", a-t-il affirmé.

Entre maintenant et la fin d'une campagne électorale de 40 jours, les choses peuvent beaucoup bouger.
Pierre Vercauteren

"Pour l'instant, il n'y a pas de majorité non plus pour ce scénario, nuance Pierre Vercauteren. Les risques sont trop grands pour toute une série de partis, y compris le PS. Ce dernier peut toutefois avoir fait le calcul de se dire qu'aller aux élections anticipées, c'est peut-être perdre moins que de continuer dans la situation actuelle."

Les résultats d'un nouveau scrutin restent par ailleurs impossibles à prédire. "La situation est volatile dans tous les sens. La seule chose qui semble relativement sûre pour l'instant, c'est que cela profiterait au Vlaams Belang et au PTB-PVDA. Encore une fois, entre maintenant et la fin d'une campagne électorale de 40 jours, les choses peuvent beaucoup bouger", conclut-il.

Du mal à vous retrouver dans toutes les coalitions possibles ou imaginées au Fédéral? 

→ Notre guide des noms de coalitions

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