Vandeput ne se laissera pas "intimider par l'ambassadeur américain"

Le F-35 de Lockheed Martin est en lice avec l'Eurofighter pour remplacer la flotte de F-16 de l'armée belge. ©REUTERS

L'ambassadeur US presse la Belgique de se décider avant le 14 octobre sur les appareils qui devront succéder aux F-16. Dans le cas contraire, il n'exclut pas que les conditions pour les F-35 seront révisées.

"Nous prenons note des propos de l'ambassadeur américain." La réaction de Steven Vandeput, ministre de la Défense (N-VA) ce lundi matin est on ne peut plus brève. 

L'ambassadeur américain en Belgique a lancé ce week-end un pavé dans la mare alors que la décision sur les avions devant succéder au F-16 se fait toujours attendre. Ronald Gidwitz prévient: les Etats-Unis ne prolongeront pas indéfiniment et sans modification leur offre pour le chasseur F-35 du groupe Lockheed Martin. L'offre expire le 14 octobre, date des élections communales.

"Le plan actuel est d'attendre jusqu'au 14 octobre et de voir le gouvernement belge prendre la bonne décision (en faveur du F-35, ndlr). Si la décision (du gouvernement fédéral) est reportée au-delà du 14 octobre, je préconiserai sûrement (à l'administration américaine et à la Maison-Blanche) une certaine forme de prolongation. Mais il est probable que ce ne serait pas aux mêmes termes que ceux qui existent." Ronald Gidwitz s'exprimait lors de la seconde journée des "Belgian Air Force Days" (BAFD), le meeting biennal de la composante Air de l'armée organisé durant le week-end par la base aérienne de Kleine-Brogel, en province du Limbourg.

Concrètement, l'ambassadeur annonce que le prix pourrait être différent, tout comme les délais de livraison. Il pourrait aussi y avoir des variations dans les termes en matière d'entraînement. "Toutes les choses (qui font partie de la proposition américaine) devront être renégociées."

Ronald Gidwitz, ambassadeur américain à Bruxelles depuis début juillet. ©BELGA_HANDOUT

"D'autres pays font la file"

"Je ne peux imaginer que cette offre soit prolongée pour six autres mois. C'est inimaginable." En fonction depuis le 4 juillet, l'ambassadeur ajoute que d'autres pays "faisaient la file" pour obtenir des F-35, le programme le plus coûteux de l'histoire aux Etats-Unis.

Mais quels seraient les avantages des F-35 en termes de retombées économiques? Ronald Gidwitz se dit convaincu que les entreprises belges devraient bénéficier du choix de cet appareil, en faisant un parallèle avec le partenariat industriel qui s'est développé après l'achat du F-16 (160 exemplaires acquis par la Belgique entre 1979 et 1982). Il a souligné que 25% des composants du F-35 devraient être produits "en dehors des Etats-Unis".

Qui pour succéder aux F-16?

Deux candidats restent en lice dans le cadre de la compétition lancée en 2017 par le gouvernement pour acheter 34 nouveaux avions de combat pour un montant initial de 3,6 milliards d'euros:

→ le F-35
→ l'Eurofighter du consortium européen éponyme

Un troisième candidat potentiel est le Rafale de l'avionneur français Dassault Aviation. Mais Paris n'a pas répondu à l'appel d'offres officiel, préférant proposer à la Belgique un "partenariat approfondi et structurant" fondé sur le Rafale et une implication belge dans le développement d'un avion de combat de nouvelle génération, envisagé par la France et l'Allemagne à l'horizon 2040 dans le contexte d'une relance de la défense européenne.

Lockheed Martin affirme pour sa part que l'offre américaine se situe "en dessous du budget" fixé par le gouvernement belge.

F-16 ©EPA

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