L'interdiction des chaudières au mazout ou au gaz naturel fait à nouveau débat en Flandre

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Les tractations vont bon train pour la formation d'un gouvernement flamand. L'interdiction des chaudières au mazout ou au gaz refait surface, ce qui a pour conséquence d'irriter la Fédération belge des négociants en combustibles et carburants.

La N-VA veut améliorer la qualité de l'air grâce à une "suppression par phases des systèmes de chauffage polluants". Les chaudières au mazout ne devraient plus être installées dans les maisons neuves, peut-on lire dans la note de base pour la formation du gouvernement flamand. Du côté des négociants en carburant c'est l'inquiétude qui domine, notamment sur la hausse des coûts pour les consommateurs. Les installations de gaz naturel seraient également envisagées de manière plus stricte. "L'objectif est de réduire le chauffage basé sur les énergies fossiles en faveur de systèmes électriques, comme par exemple les pompes à chaleur", précise la note.

Avec cette proposition, la N-VA reprend une mesure du précédent gouvernement régional. L'année dernière, l'exécutif Bourgeois avait décidé, pendant l'été, d'interdire la commercialisation de nouvelles chaudières à mazout à partir de 2021. Cette disposition avait suscité l'ire de la Fédération belge des négociants en combustibles et carburants (Brafco). Le gouvernement avait alors fait partiellement marche arrière, la mesure ne concernant finalement que les constructions neuves et les rénovations énergétiques profondes.

La note de base pour la formation du prochain gouvernement flamand ne prévoit pas de mesure générale, mais cible à nouveau les nouvelles constructions. La Brafco n'est de nouveau pas enthousiasmée par cette interdiction. Compte tenu des prix élevés de l'électricité, choisir des pompes à chaleur n'est "pas le choix le plus judicieux pour un consommateur attentif aux coûts", affirme la fédération. Le secteur souligne également les problèmes de pénurie d'électricité rencontrés chaque année.  

Une quinzaine de groupes de travail

Le travail technique en vue de former le prochain gouvernement flamand a véritablement commencé mercredi, après une brève réunion mardi. Le formateur Jan Jambon (N-VA) a mis en place une quinzaine de groupes de travail qui se réuniront à partir de lundi pour rédiger les différents chapitres de l'accord de gouvernement.

Un groupe central, auquel participeront les présidents des trois partis N-VA, CD&V et Open Vld, assurera la coordination des négociations. Les trois partis appelés à former la future coalition ont appelé "beaucoup de monde" pour constituer les différents groupes de travail. Des profils politiques, mais aussi techniques seront autour de la table, affirme le porte-parole de Jan Jambon. 

Plus la discussion est bonne, plus les chances de connaître des problèmes d'interprétation s'amenuisent.
porte-parole de Jan Jambon

"Nous avons besoin d'une très bonne méthodologie pour travailler le plus efficacement possible. Celle-ci sera "bottom-up" (du bas vers le haut, NDLR). Les résultats des discussions dans les groupes de travail remonteront ensuite vers le groupe central", assure-t-il. 

Ne pas travailler à la hâte

Les discussions autour du budget ont déjà commencé mercredi. "Nous devons d'abord connaître le cadre budgétaire afin de préparer au mieux le travail dans les groupes", ajoute le porte-parole.

Ces derniers jours, plusieurs membres de la N-VA ont affirmé qu'il était possible de conclure un accord d'ici deux à trois semaines. Jan Jambon a tenu à nuancer et a affirmé ne pas vouloir travailler "à la hâte".

Le porte-parole précise que l'accord de gouvernement doit faire l'objet d'un débat approfondi. "Plus la discussion est bonne, plus les chances de connaître des problèmes d'interprétation s'amenuisent."

La date limite formelle pour la formation du gouvernement flamand est le lundi 23 septembre, jour où le ministre-président prononce son traditionnel discours de septembre. 

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