À Riyad et à Téhéran, la Belgique envoie deux ambassadrices

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Le nouveau mouvement diplomatique a été avalisé par le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders. La ligne est claire: deux femmes représenteront les intérêts belges en Arabie saoudite et en Iran.

Dans le jargon journalistique, on appelle cela un “marronnier”: un événement qui, chaque année à la même époque, débarque dans l’actualité. Ainsi en va-t-il du mouvement diplomatique annuel.

C’est un marronnier — certes — mais qui donne de précieuses indications sur la direction imprimée par le gouvernement belge à sa diplomatie: le ministre pèse soigneusement ses choix, tient compte des équilibres politiques et du choix des diplomates.

Dans ce cru 2018, la ligne est claire: Didier Reynders envoie deux femmes représenter la Belgique dans des pays où la condition des femmes est difficile: en Arabie saoudite et en République islamique d’Iran.

• A Riyad, l’ambassadrice belge sera Dominique Mineur, la première femme ambassadeur belge sur place. Au royaume wahhabite, le régime en place a marqué une très légère volonté d’ouverture ces derniers temps mais quiconque s’est déjà promené à Riyad sait combien le statut de la femme demeure très mauvais. 
• A Téhéran, il s’agira de Véronique Petit. En Iran, également, les femmes restent souvent cantonnées à des postes subalternes et leur existence est loin d’être simple.

Le fait que la Belgique délègue des femmes dans ces pays pour les cinq prochaines années est un signal particulièrement fort.

Que retenir d’autre de la cuvée 2018?

Étonnement, alors que Didier Reynders a fait le choix de rationaliser le nombre des ambassades belges à l’étranger, deux bureaux de coopération changent de statut et sont transformés en ambassades. La première à Bamako au Mali et la seconde à Cotonou au Bénin. Adrien Théâtre et Xavier Leblanc seront les ambassadeurs belges sur place.

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Pour le reste, on notera que les clés de certains postes diplomatiques ultra-stratégiques vont changer de main en 2018. A Berlin, Wim Van de Voorde devient ambassadeur. Son prédécesseur, Ghislain D’Hoop, ne part pas très loin puisqu’il devient le représentant belge à Vienne en Autriche. L’ancien directeur de cabinet du ministre, François de Kerchove d’Exaerde, empoche la très convoitée ambassade de Paris. Nul doute qu’il sera fort sollicité tant les rapports entre les exécutifs belge et français sont nombreux.

À l’Otan, Pascal Heyman deviendra le représentant belge, au Canada et à Ottawa, le poste est attribué à Johan Verkammen. Trois autres ambassades africaines changent de patron. A Abuja (Nigeria), c’est Daniel Dargent qui sera ambassadeur. A Addis-Abeba (Éthiopie), il s’agira de François Dumont et à Pretoria (Afrique du Sud), le poste est confié à Didier Vanderhasselt. En Asie, François Delhay devient ambassadeur à New Delhi et Peter Lescouhier à Séoul. Autre ambassade européenne à voir débarquer un nouvel ambassadeur: Varsovie. C’est Luc Jacobs qui représentera les intérêts de la Belgique en Pologne.

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