À la Côte, les autorités redoutent le week-end du 15 août

Si l'afflux de touristes n'est pas contrôlé, les bourgmestres des communes côtières craignent de nouveaux incidents le week-end du 15 août. ©BELGA

Les touristes d'un jour étaient à nouveau les bienvenus ce lundi à Blankenberge, mais toujours pas à Knokke-Heist. À l'échelon politique, une réduction de l'offre des trains vers la Côte est à l'étude.

Qui l'eût cru? Une bagarre sur la plage de Blankenberge a privé ce week-end de nombreux vacanciers d'un jour d'accès à plusieurs stations balnéaires. L'incident, impliquant samedi des dizaines de fauteurs de trouble originaires de Bruxelles, a provoqué une réaction en chaîne amenant plusieurs maïeurs à limiter drastiquement l'accès à leur localité le lendemain. Ce lundi, la situation semblait revenue à la normale partout, sauf à Knokke.

"Si je permets aux gens de continuer à venir, je ne serai plus en mesure de garantir la sécurité."
Léopold Lippens
Bourgmestre de Knokke-Heist

Dans cette commune, les voyageurs à la journée resteront en effet persona non grata jusqu'à la fin de la vague de chaleur. Seuls les habitants, les propriétaires d'une seconde résidence, les travailleurs et les touristes de plusieurs jours y sont admis. "Si je permets aux gens de continuer à venir, je ne serai plus en mesure de garantir la sécurité", s'est justifié le bourgmestre Léopold Lippens .

À Blankenberge, Bredene ou encore Le Coq, des communes où des restrictions avaient été décrétées dimanche, tout semblait bel et bien oublié ce lundi. L'affluence en milieu d'après-midi était normale pour un jour de semaine et aucun débordement n'a été constaté.

Inquiétude avant le week-end du 15 août

Pour autant, pas question de baisser la garde. Les bourgmestres côtiers restent inquiets pour le week-end à venir. A l'instar de la gouverneure faisant fonction de Flandre occidentale, Anne Martens, plusieurs d'entre eux plaident pour que la SNCB modifie son offre.

Le week-end dernier, environ 15.000 personnes se sont rendues en train à Ostende, 8.000 à Blankenberge et 2.500 à Knokke. Pour les autorités locales, cette affluence n'est pas compatible avec les mesures de sécurité liées à l'épidémie de Covid-19. Pour certains, elle pourrait même expliquer que des incidents soient survenus. La demande des maïeurs est claire: limiter l'afflux de touristes d'un jour en réduisant l'offre ferroviaire vers la Côte, notamment via la suppression des trains supplémentaires en cas de beau temps.

"Il n'y a eu aucun incident, ni dans les gares, ni dans les trains samedi et dimanche."
Vincent Bayer
Porte-parole de la SNCB

Du côté de la société de chemins de fer, on précise qu'une telle décision ne peut émaner que du gouvernement fédéral. "Lors des week-ends, le plan de transport prévoit d'augmenter l'offre de 14 trains par jour, et ce aussi afin de respecter les avis du GEES en matière de sécurité sanitaire", explique le porte-parole de la SNCB, Vincent Bayer. "Il n'y a eu aucun incident, ni dans les gares, ni dans les trains samedi et dimanche. En semaine, le renforcement de l'offre se fait à hauteur de 10 trains par jour. Lundi, tout était d'ailleurs sous contrôle avec un taux d'occupation assez faible", insiste-t-il.

L'affaire prend une tournure politique

Côté politique, le ministre de la Mobilité, François Bellot (MR), a examiné lundi, avec le concours de son homologue de l'Intérieur, Pieter De Crem (CD&V), les possibilités pour garantir que le week-end prochain se déroule en toute sérénité au littoral. Plusieurs pistes sont à l'étude, mais elles doivent encore faire l'objet d'un examen juridique, nous assure-t-on.

Ce mardi, une réunion entre les ministres fédéraux, la SNCB et les acteurs côtiers devrait permettre d'y voir plus clair. Il y sera notamment question "d'établir un plan de transport adapté qui réponde aux craintes des autorités locales quant à un afflux de touristes trop important". Pas encore de décision donc, mais les lignes bougent.

Les trois Bruxellois suspectés d'être impliqués dans la bagarre à Blankenberge viennent, quant à eux, d'être placés sous mandat d'arrêt pour coups et blessures volontaires et rébellion armée.

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