Avec "Mariés au premier regard", le CSA repart en guerre contre RTL

©RTL TVI/ Jean-Michel Clajot

Le régulateur a lancé une instruction contre le nouvelle télé-réalité de la chaîne privée… Qui l’envoie aussitôt paître.

Début juillet, le CSA annonçait qu'il allait à nouveau contrôler RTL Belgium, malgré le statut luxembourgeois de la chaîne privée. Il décidait ainsi de ne plus renvoyer les plaintes qui lui sont adressées à son homologue du Grand-Duché, l'Alia. "Quatre monitorings ont relevé des indices d'infractions potentielles, importants et récurrents chez RTL Belgium, qui auraient justifié l'ouverture d'instructions", invoquait à l’époque le régulateur.

Suite aux remous juridiques provoqués par l'abandon en 2006 par RTL de sa licence belge pour ne garder que la luxembourgeoise, un accord politique avait pourtant été scellé en 2016 entre les deux pays au terme duquel RTL s'était engagé à respecter certaines contraintes en matière d'aide à la production, le CSA acceptant de transmettre les plaintes le concernant à l'Alia.

Mais après huit ans de trêve, le CSA ne lâche pas l’os. Il a indiqué ce mardi sur son site internet qu’il avait lancé une instruction contre RTL-TVi concernant l’émission "Mariés au premier regard" où des personnes se marient sur base de simples tests "de compatibilité", sans s’être jamais rencontrés.

Quatre plaintes

Le secrétariat d’instruction du CSA a en effet reçu quatre plaintes contre la très contestée télé-réalité, un des programmes phares de la rentrée et qui affole les audiences. Les plaintes portent notamment sur respect de l’éthique et des valeurs du mariage. Le CSA les a jugées irrecevables car ne soulevant pas d’enjeu au regard de la législation audiovisuelle.

Une des plaintes porte sur la légalité des mariages prononcés. Là aussi, cela sort du champ de compétences du CSA sauf si l’enquête diligentée par le ministre de la justice Koen Geens devait conclure que ces mariages sont illégaux. Dans ce cas, le CSA se dit en droit d’intervenir car le décret interdit la diffusion de programmes contraires aux lois.

"Le CA peut nous convoquer autant qu’il veut, il n’est pas question de répondre à ses sollicitations car nous ne dépendons pas de son autorité, mais de celle du seul régulateur luxembourgeois."
RTL

Finalement le seul grief sur lequel le CSA se sent légitime pour intervenir, c’est la présence de publicité clandestine dans le programme. Plusieurs enseignes commerciales y apparaissent: boutique de mariage, bijouterie, agence de voyage, hôtel. Bref, du placement de produit.

Celui-ci est autorisé, pour autant que le programme affiche le pictogramme "PP" afin d’informer le téléspectateur. Ce qui n’est pas le cas, constatent les fins limiers du gendarme de l’audiovisuel. Voilà pourquoi, celui-ci a décidé d’ouvrir une instruction et de convoquer, le cas échéant les représentants de RTL.

Contactée, la chaîne a réagi sans surprise: "Le CA peut nous convoquer autant qu’il veut, il n’est pas question de répondre à ses sollicitations car nous ne dépendons pas de son autorité, mais de celle du seul régulateur luxembourgeois." Le CSA et RTL? Cela ressemble au bon vieux carrousel fouronnais.

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