Avrox répond aux critiques sur les masques livrés à la Défense

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La société luxembourgeoise Avrox, qui a livré 15 millions de masques à la Belgique, est fatiguée des attaques incessantes et des "rumeurs infondées" dont elle fait l'objet.

Dans un long communiqué, l'entreprise répond samedi aux critiques qui lui sont adressées. Ses masques sont de qualité et le débat "politisé" qui fait rage "mine la confiance du citoyen" dans les mesures pour contrer le coronavirus, soutient-elle. Avrox reconnaît toutefois "une erreur technique et involontaire" concernant le label textile Oeko-Tex mais assure être en possession de tous les certificats nécessaires et valides.

La Défense a choisi Avrox comme fournisseur de 15 millions de masques buccaux en tissu destinés à la population belge. Un choix qui a fait couler beaucoup d'encre ces dernières semaines. La façon dont l'entreprise a remporté ce marché public, les modalités de lavage des masques, leur qualité et leur impact environnemental notamment ont suscité le débat.

Dans un communiqué de huit pages, l'entreprise luxembourgeoise tente de répondre point par point aux critiques. "L'entièreté de la procédure du marché public pour la livraison de masques a été respectée", commence-t-elle, rappelant qu'aucune infraction n'a encore été identifiée par l'information judiciaire ouverte à son encontre. L'entreprise dit attendre les conclusions de l'enquête pour être "réhabilitée au plus vite".

"On peut comprendre certaines critiques ou frustrations mais, ici, ça a vraiment été trop loin"
Laurent Hericord
Administrateur délégué d'Avrox

Attaquée sur les recommandations de lavage à 30°C, au lieu des 60°C recommandés par un document technique approuvé par le Conseil national de Sécurité, Avrox assure que ses masques sont efficacement lavés à 30°C avec du détergent mais a demandé des tests complémentaires à un laboratoire belge certifié, menés entre le 10 et 18 juin. Il en ressort que les protections peuvent tenir 25 cycles à 60°C, souligne-t-elle.

Vendredi, l'association Oeko-Tex a remis en question le numéro de certificat figurant sur le manuel d'utilisation des masques, affirmant qu'il n'était plus valable depuis 2016. Le député Michael Freilich (N-VA) a alors dénoncé un "énième incident" autour de l'achat des masques Avrox. "L'utilisation du label Oeko-Tex n'est pas une obligation légale (...), c'est un label de qualité supplémentaire", s'est défendu l'entreprise. Elle reconnaît cependant une "erreur technique" et explique que "la mauvaise référence de ce label a été imprimée" mais affirme disposer de "tous les certificats nécessaires et valides (...), d'ailleurs transmis aux fédérations de pharmaciens". Elle réfute donc toute fraude.

Avrox s'en prend également à la fédération sectorielle de la mode Creamoda, qui avait notamment affirmé que les masques commandés étaient dangereux pour la santé et l'environnement, et rappelle que ses masques ne contiennent pas de nanoparticules. Elle pointe aussi l'attitude de "certains parlementaires", sans les nommer, qui "ne semblent avoir pour seule volonté que de susciter et prolonger la polémique afin de gagner en visibilité".

  "Mon associé a été traité de financier du terrorisme et de fraudeur fiscal (...). On peut comprendre certaines critiques ou frustrations mais, ici, ça a vraiment été trop loin", déplore l'administrateur délégué d'Avrox, Laurent Hericord. 

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