D'Ieteren se lance dans la voiture partagée... au gaz

©Poppy

L'importateur des marques VW passe à la vitesse supérieure dans la vente de mobilité avec une flotte de 350 véhicules partagés à Anvers. L’occasion pour le groupe de mettre en avant le moteur au gaz naturel.

Ce lundi sera un grand jour à Anvers pour D’Ieteren Auto. La société  a décidé d’embrasser l’idée qu’elle vendra progressivement de la mobilité plutôt que des voitures. Elle a donc créé une filiale Lab Box.

Sa première offre emblématique dans le domaine est une flotte partagée de 350 voitures du nom de Poppy. Le service présenté vendredi à Anvers sera disponible dès lundi. à Bruxelles, on sait qu’il s’agit de flottes de voitures partagées qui ne sont pas liées à une place fixe dans la ville, à l’inverse des Cambio, Zen Car, Ubeeqo et autres. L’idée est que l’on prend une voiture en voirie, que l’on effectue son trajet et que l’on se gare n’importe où dans la zone d’activité.

Dans cette activité, BMW est active à Bruxelles avec son service DriveNow. Zipcar, filiale d’Avis en fait de même avec une flotte de Peugeot t 208. À Anvers, Poppy a décidé d’un prix similaire à celui proposé par DriveNow à Bruxelles, à savoir 33 cents la minute avec un maximum de 90 euros pour 24 heures.

Flotte écologique

Mais là où Poppy innove par rapport à la capitale, c’est que sa flotte sera entièrement écologique. Le parc est composé d’e-Golf électriques, mais également d’Audi A3 g-tron, des voitures roulant au gaz naturel ou Gaz naturel compressé (CNG) pour être plus précis.

Le gaz naturel est une technologie qui a du mal à faire sa juste place dans les débats autour de la voiture. Il convient tout de suite de préciser que le CNG n’est d’ailleurs pas la même chose que le LPG (gaz de pétrole liquéfié) qui s’était popularisé il y a quelques années. Les voitures au CNG peuvent par exemple se garer dans les parkings souterrains. Ici on parle du même gaz que dans une cuisinière. Une technologie qui semble être un bon compromis à court terme entre la pollution de l’air et le portefeuille des citoyens.

Le CNG revendique, selon les dernières études disponibles, des émissions de particules fines en baisse de 77% et des émissions de NOx moindres de 90%. Le CO2 émis est lui 10% plus bas qu’un équivalent essence.

La solution semble donc être tout indiquée pour remplacer bon nombre de moteurs thermiques à court terme en ville. Une voiture CNG coûte environ 1.500 à 2.000 euros de plus à l’achat. Le gaz coûte jusqu’à 30% moins cher à la pompe que l’essence. "Le coût total de possession du CNG est tout à fait compétitif", selon Hugo Seghers, responsable fleet chez D’Ieteren.

Le parc en croissance

L’importateur des marques du groupe Volkswagen représente environ 70% des immatriculations au CNG en Belgique. Fiat et Opel proposent également des véhicules au gaz. Des véhicules où le réservoir de gaz n’est pas apparent à l’inverse des LPG. Environ 9.000 voitures pour particuliers et utilitaires roulent sur nos routes au CNG. C’est une goutte d’eau par rapport à certains pays comme l’Italie ou l’Argentine ou même par rapport au parc total belge. La croissance du parc est par contre au rendez-vous. Il y a un an à peine 5600 véhicules roulaient au CNG en Belgique. Les flottes notamment des services publics commencent à se laisser convaincre. Le parc au CNG est en augmentation de 38%. "Nous sommes passés de 15 pompes à plus de 90 en Belgique et il y a des dizaines de projets notamment en Wallonie", pointe Didier Hendrickx, communication manager de gas.be.

9.000 voitures
Le gaz naturel équipe 9.000 voitures en Belgique. Volkswagen a décidé de pousser la technologie avec des prix intéressants.

En Belgique, D’Ieteren a décidé de pousser la technologie et a baissé les prix de ses voitures Volkswagen au CNG (Up, Golf, Golf Variant et Polo) pour les mettre au prix de l’essence. "Cette technologie est méconnue. Il faut la faire connaître car les gens la confondent systématiquement avec le LPG. C’est une super solution", estime Jean-Marc Ponteville, porte-parole de D’Ieteren. Sur le marché, les véhicules disponibles sont en général "bifuel" et permettent donc de rouler à l’essence, quand on est à court de gaz, même si les autonomies de gaz peuvent s’avérer très élevées selon les modèles.

La marque coréenne SsangYong a décidé de mettre aussi du gaz naturel dans son catalogue en Belgique sur son XLV. C’est le groupe Alcopa (Moorkens) qui importe des voitures essence et les équipe ensuite. "Le fier propriétaire d’un véhicule neuf ne paie ainsi pas de TMC sur le GNC ni de taxe de roulage en Flandre jusqu’en 2020", pointe Bart Hendrickx, porte-parole de la marque.

La Flandre a bien compris l’intérêt du CNG pour la qualité de l’air. Chez gaz.be, on explique que la Wallonie pourrait bientôt suivre.

Trois acteurs installent des pompes au CNG en Belgique. Avec plus de 50 stations, Dats 24 (Colruyt) est le plus actif. Enora (Engie G&V Energy Group et IDETA) et Total possèdent également des stations. 

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