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Deux milliards pour la Marine belge

©BELGA

La Composante Marine doit remplacer la plupart de ses unités les plus importantes. Un milliard d’euros pour deux frégates et 932 millions pour 6 nouveaux chasseurs de mines. Pour ces derniers, la Défense veut rester à la pointe en utilisant un système hybride utilisant des drones navals.

Il n’y a pas que les vieux chasseurs-bombardiers F-16 qui arrivent en fin de vie dans l’arsenal de l’armée belge. Dans les prochaines années, la Composante Marine devra elle aussi remplacer tous ses principaux navires. La Défense doit acquérir, pour un milliard d’euros, deux nouvelles frégates multifonctions. Et pour 932 millions, six navires de lutte contre les mines. Un double investissement mené en collaboration avec les Pays-Bas, les deux pays ayant convenu d’acheter les mêmes bâtiments de guerre. Les Néerlandais ont pris la direction dans l’achat des frégates, la seconde acquisition étant gérée par les Belges.

La Belgique veut surtout se spécialiser dans l’entretien et la maintenance des chasseurs de mines.

La Défense attend le feu vert du gouvernement Michel pour lancer ces deux marchés, probablement au début 2018. Mais les experts belges travaillent déjà d’arrache-pied depuis plusieurs années pour définir les navires qui succéderont aux fameux chasseurs de mines "Tripartite" construits en commun avec la France et les Pays-Bas pendant les années 80, et dont 5 exemplaires sont toujours en service en Belgique. La vision stratégique adoptée par le gouvernement prévoit que deux unités seront déployables en permanence à l’extérieur et qu’un navire restera opérationnel pour assurer la sécurité des ports belges. Les six futurs navires reprendront aussi les fonctions du Godetia dans son rôle de navire de commandement.

Le cahier de charge belgo-néerlandais prévoit la capacité de maintenir ouvertes les voies de navigation nationales (eaux territoriales, estuaires), mais aussi les points de passage de lignes commerciales ou les routes utilisées par des navires de guerre un peu partout dans le monde.

De l’avis des experts, le système basé sur un bateau mère et des drones navals (voir ci-contre) représente la voie vers laquelle se dirigent toutes les forces navales modernes, avec des spécificités propres à chaque constructeur. Aucune marine au monde ne dispose pour l’instant d’une panoplie d’engins de ce type en service. Mais le concept, qui est celui que proposent plusieurs industriels à la Belgique, est en cours de discussion au niveau de l’Agence européenne de défense et de l’Otan. Français et Britanniques ont un programme assez similaire, mais sans navire mère à ce stade.

Des essais en tests réels ont déjà été menés devant les côtes belges. Différents constructeurs sollicités par la Belgique ont prouvé, sur des mines fictives, que le concept était pertinent et que les sous-systèmes fonctionnaient déjà. Reste maintenant à intégrer le tout sur un navire mère qui permettrait d’intervenir rapidement un peu partout dans le monde.

Quels retours économiques?

Comme pour le remplacement des avions de combat, se pose la question de l’implication de l’industrie belge dans ce double programme de près de deux milliards d’euros que la Défense voudrait signer, normalement avant la fin de l’année 2018. Les Pays-Bas, qui s’occupent de l’achat des frégates, ont un constructeur (privé), les chantiers Damen Shipyard, capables de construire les navires les plus modernes. Il est probable que Damen bénéficie, en tout ou en partie, du marché belgo-néerlandais, que ce soit pour la construction et par la suite, de la maintenance des quatre navires à acheter en commun.

En revanche, notre pays ne possède pas d’intégrateur national dans le domaine naval militaire, mais bien plusieurs sociétés capables de fournir des sous-systèmes. À Gand, on trouve par exemple l’entreprise ABC (Anglo Belgian Corporation), spécialisée dans les systèmes propulsifs navals, une compétence que les Néerlandais ne possèdent plus.

Côté belge, on indique surtout vouloir se spécialiser dans l’entretien et la maintenance corrective et préventive des prochains chasseurs de mines (y compris Néerlandais), ainsi que dans les évolutions futures des nouveaux bâtiments. Ce qui ne poserait aucun problème pour les règles de concurrence européennes.

Autre créneau profitable aux entreprises belges: l’automatisation. "À partir du moment où il y a aura plus de drones que de navires, il y a une opportunité de créer et de développer en Belgique un microcosme d’industries spécialisées dans la robotique", estime une source à la Défense.

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