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En Belgique, 70% des gens vivent dans un logement sous-occupé

86% des plus de 65 ans vivent dans un logement sous-occupé. ©BELPRESS

De plus en plus de propriétaires vivent dans un logement sous-occupé. Une tendance importante chez les personnes âgées, et à tenir à l’œil dans un contexte de pression immobilière.

Et si on se préoccupait autant d’améliorer l’adéquation des logements aux besoins des familles que d’augmenter simplement l’offre de logements? C’est la question que se pose l’économiste Philippe Defeyt (Institut pour un développement durable) dans les conclusions d’une étude qu’il a réalisée sur l’évolution du logement et des ménages sur ces 20 dernières années.

Philippe Defeyt constate en effet que sur la période 2014-2016, 70% de personnes vivent dans un logement sous-occupé, surtout chez les personnes âgées (65 +), propriétaires, et au-dessus du seuil de pauvreté.

Le logement est l’une des thématiques qui sera abordée lors des prochaines échéances électorales, communales d’abord en octobre de cette année, régionale ensuite en 2019. D’où, pour Philippe Defeyt, l’intérêt de lancer le débat, compte tenu des difficultés actuelles des familles à trouver un logement à un coût jugé raisonnable pour elles.

Sur dix ans, la charge du coût du logement a progressé pour les locataires.

Un premier constat de départ: sur les dix dernières années, la charge du coût du logement dans le revenu des ménages a progressé, chez les locataires du moins (chez les propriétaires, elle baisse). Elle représente plus de 25% des revenus disponibles du ménage pour 76,2% de la population, contre 67,3% en 2006, et même plus de 50% des revenus pour 20,2% de la population, contre 17,3% en 2006 (loyer au prix du marché).

Accès compliqué pour les isolés

L’accès au logement est aussi plus compliqué pour les personnes seules et les familles monoparentales. Un constat déjà connu mais objectivé dans les chiffres. En 2016, 28% des personnes consacrant plus de 40% de leurs revenus au logement sont des personnes seules, 22% des personnes seules avec enfants, contre seulement 4% de couples avec enfants.

Pourtant, les statistiques montrent que l’on ne manque pas de logements. Dans toutes les régions, sauf à Bruxelles, le nombre de logements a même crû plus vite que le nombre de ménages sur les 20 dernières années (1995 à 2017). On compte 19% de ménages de plus dans tout le pays, alors que le nombre de logements a progressé de 22,1%, d’après les calculs de l’IDD.

Cette progression ne s’est néanmoins pas faite de manière uniforme sur toute la période. Entre 2000 et 2010, le nombre de logements a augmenté moins vite que le nombre de ménages, et "les indicateurs dont on dispose indiquent une forte pression à la hausse des prix de l’acquisitif et des loyers", explique Philippe Defeyt. Par la suite, cette pression redescendra.

Pour l’économiste, il serait nécessaire de donner plus de moyens aux communes pour repérer les vacances structurelles de logements, notamment en leur permettant de se baser sur les consommations d’eau et d’électricité, et établir une liste des logements où cette consommation est jugée faible.

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