Extinction Rebellion fait entrer le climat au tribunal

Un membre d'Extinction Rebellion au Salon de l'automobile le 18 janvier 2020. ©Photo News

La Febiac et Extinction Rebellion se sont affrontés ce lundi matin devant le tribunal de première instance francophone de Bruxelles.

La Febiac, la fédération qui représente, entre autres, les constructeurs automobiles, s'est retrouvée lundi matin face au mouvement Extinction Rebellion (ER) qui avait mené des actions au Salon de l'automobile le 18 janvier dernier. Ce dernier mouvement qui "se rebelle et agit pour éviter l'extinction de la race humaine" provoquée par l'urgence climatique, veut faire supprimer une ordonnance et entendre dire la juge que les actions menées au Salon de l'automobile étaient légitimes.

Le 31 décembre dernier, ER était entrée en contact avec la Febiac pour lui annoncer son intention d'organiser une action au Salon de l'automobile le 18 janvier, un samedi, jour de forte affluence. Après une rencontre au début du mois de janvier, ER avait refusé la proposition faite par la Febiac de mettre un stand à disposition du mouvement à condition qu'il s'engage à renoncer à son action. Face au refus d'Extinction Rebellion, la Febiac, défendue par Jean-Pierre Kesteloot et Etienne Kairis (Liedekerke) a obtenu une ordonnance sur requête unilatérale censée empêcher les membres d'ER de manifester sous peine d'une astreinte de 10 euros par infraction. La manifestation avait eu lieu et 185 membres d'ER avaient été arrêtés administrativement. L'ordonnance leur avait alors été signifiée. En tierce opposition, Extinction Rebellion, défendu par Margaux Nocent, cherche à faire annuler cette ordonnance. C'est cette pièce qui s'est jouée devant le tribunal de première instance.

Tribune en faveur de la lutte pour le climat

Mais la plaidoirie a rapidement pris des accents de tribune en faveur de la lutte pour le climat. "Nous sommes écrasés par le lobby de la Febiac qui nous vend des voitures comme le signe ultime de la réussite. Nous vous demandons de dire que les actiones menées étaient légitimes vu l'urgence pour le climat", a plaidé l'avocate d'ER, estimant que les membres du mouvement avaient vu leur image et leur réputation entâchées, raison pour laquelle, le mouvement a demandé à la juge de condamner la Febiac à verser un dédommagement de 250 euros aux 116 personnes impliquées dans cette procédure, soit un montant de 29.000 euros.

"S'ils ne voulaient pas se faire arrêter, ils ne devaient pas commettre d'actes répréhensibles."
Jean-Pierre Kesteloot
Avocat de la Febiac

"La Febiac n'a commis aucune faute en optant pour une requête unilatérale", a plaidé Jean-Pierre Kesteloot, estimant qu'il y avait urgence à agir pour assurer la sécurité du Salon de l'automobile où se pressent plus de 50.000 personnes les jours de pointe. "S'ils ne voulaient pas se faire arrêter, ils ne devaient pas commettre d'actes répréhensibles", a encore plaidé l'avocat, estimant qu'Extinction Rebellion recherchait avant tout à assurer le spectacle.

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