Khattabi invite Jean-Marc Nollet à la rejoindre à la tête d'Ecolo

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La coprésidente d'Ecolo Zakia Khattabi devait proposer ce mardi le nom d'un homme, issu de Wallonie, pour succéder à Patrick Dupriez, qui a décidé de passer le relais.

Zakia Khattabi, la coprésidente d'Ecolo, propose Jean-Marc Nollet pour remplacer Patrick Dupriez, son ancien binôme, qui s'est retiré le 19 octobre dernier pour des raisons personnelles. Sa proposition sera soumise au vote de l'assemblée générale écologiste du 9 novembre. 

Le cahier des charges était le suivant: le lauréat doit être un homme, wallon, et membre du parti depuis plus de six mois. Devra-t-il lâcher tout le reste pour prendre les rênes du parti? Pas nécessairement. Ecolo a fait du décumul une de ses marques de fabrique, mais il ne s’agit ici que d’un intérim de quelques mois. "À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle, nous glisse cet Ecolo. On ne va pas non plus se tirer une balle dans le pied." En se déforçant dans l’une ou l’autre assemblée, pour rafistoler la coprésidence.

"C'est dans cet esprit que Patrick et moi avons sollicité Jean-Marc Nollet pour prendre le relais et mener à mes côtés les écologistes à la victoire."
Zakia Khattabi
coprésidente d'Ecolo


Il est vrai que plusieurs noms remplissaient les conditions: Georges Gilkinet, Stéphane Hazée, Philippe Henry, Jean-Michel Javaux et Jean-Marc Nollet. 

 Un scrutin géant se profile  sept mois, cela file, c’est déjà demain. Et l’enjeu est de taille, pour les verts. Il faut confirmer, voire amplifier la "vague verte" qui a commencé à déferler le 14 octobre dernier. Savoir encaisser les coups; en donner, aussi. Forcément: puisque PS, MR et cdH ont régressé et qu’Ecolo et PTB ont progressé, c’est que les seconds ont chipé des électeurs aux premiers. Autant dire que les verts vont être pris pour cible, tandis que les autres partis vont être tentés de verdir leur discours. Ajoutez à cela le relatif inconfort dans lequel Ecolo risque de se retrouver: ayant "converti" des électeurs tant du MR que du PS, il ne va guère être aisé de clairement se situer sur l’axe classique "gauche/droite".

Bref. Il fallait à Zakia Khattabi quelqu’un d’aguerri et d’expérimenté "expérience et combativité", voilà ce qu’elle recherchait.

C’est donc Jean-Marc Nollet qui empoche la mise. "Il nous faut quelqu'un qui connaît déjà l’interne du parti et qui a des contacts avec les responsables d’autres formations politiques." "Il nous a donc semblé naturel de choisir parmi ceux qui, depuis 2014, ont travaillé en direct, en toute loyauté et de manière constructive avec la coprésidence."

"C'est dans cet esprit que Patrick et moi avons sollicité Jean-Marc Nollet pour prendre le relais et mener à mes côtés les écologistes à la victoire."

Jean-Marc Nollet poursuivra son travail à la Chambre et soutiendra Zakia Khattabi en intérim à la coprésidence du parti. Il s'agit donc bien d'un intérim. À savoir remplacer Patrick Dupriez au sein du "ticket" formé avec Zakia Khattabi, et valable jusqu’aux élections de mai 2019, enfin, un peu après, parce qu’il est également question de gérer le round post-électoral et de mener les éventuelles négociations.

"Un choix gagnant", vante la coprésidente. Qui va devoir en convaincre l’assemblée générale qui se tiendra le 9 novembre. Ce n’est qu’avec ce feu vert que Jean-Marc Nollet sera effectivement bombardé coprésident. Et une AG verte, cela peut être turbulent et imprévisible. Risquons quand même ce pronostic: on voit mal le parti désavouer sa coprésidente à une encablure des élections. C’est plutôt au début des années 2000 qu’Ecolo parvenait à se tirer de la sorte une balle dans le pied. 

 Reste à savoir si le duo fonctionnera bien. Deux fortes têtes ne risquent-elles pas de se rentrer dans le chou? Pas si les rôles de l’un et de l’autre ont été clairement définis.

Autre écueil: le dossier du photovoltaïque que l’ancien numéro deux de l’exécutif wallon traîne comme un boulet. Assez injustement, faut-il le rappeler, puisque la bombe avait été posée par le cdH André Antoine. N’empêche: à peine évoque-t-on le nom de "Nollet" que l’attaque est lancée: "photovoltaïque toi-même!". Surtout en provenance du MR, où ce réflexe est presque pavlovien. Pas certain toutefois que cela suffise, comme estocade, les libéraux étant à présent passablement embourbés dans leur propre marais énergétique.

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