La Banque nationale plaide pour une taxe CO2

La BNB estime qu'il faudra passer par des taxes CO2 pour résoudre les problèmes climatiques, non sans prévoir, notamment, "une taxation spécifique des importations en provenance de pays où une telle taxe carbone n’est pas d’application". ©Belgaimage

La Banque nationale se dit en faveur d’une taxe CO2, avec un correctif pour les ménages les plus démunis et les entreprises soumises à forte concurrence.

Le gouverneur de la BNB a profité de la présentation de son rapport annuel pour rompre une lance en faveur d’une taxe carbone. "On ne va pas résoudre les problèmes climatiques sans envoyer un message clair via les prix", estime Pierre Wunsch. Une position qui a aussi le soutien du conseil de régence de la Banque nationale, qui est composé de représentants du monde socio-économique belge. Une taxe CO2 aux montants prévisibles permettrait aux entreprises et aux ménages d’adapter leurs comportements, explique la BNB.

"Un mécanisme de redistribution alimenté par les recettes de la taxe permettrait de préserver en partie le pouvoir d’achat des plus démunis et la compétitivité des secteurs fragilisés."
Banque nationale de Belgique

L’ETS, le système européen d’échange de quotas d’émissions applicable aux grandes entreprises, assure déjà, en partie, ce rôle, mais le prix du carbone qui en découle est très volatil, ce qui brouille le message, et ne couvre qu’une partie de l’activité économique, souligne le gouverneur.

"La question d’une fiscalité verte va se poser. Elle peut se faire via des subsides, mais nous pensons que cela devra se faire via des taxes, sans cela il sera très difficile d’atteindre nos objectifs en matière de réduction du CO2", poursuit Pierre Wunsch.

Politiquement difficile

Il le reconnaît toutefois spontanément: cela sera politiquement très difficile. Une telle taxe ferait en effet augmenter les prix du gaz, du diesel ou de l’essence. "En France, le président Macron a essayé d’introduire une telle taxe et cela a conduit aux gilets jaunes. Je crois néanmoins qu’une forme de fiscalité environnementale sera nécessaire. Il y a un énorme consensus chez les économistes à ce sujet, en particulier ceux spécialisés en finances publiques."

Rappelons qu'en Belgique, la ministre fédérale de l’Environnement, Zakia Khattabi (Ecolo), avait brièvement évoqué le sujet dans sa déclaration de politique générale, ce qui avait mis le feu aux poudres. Les critiques étaient venues non seulement de l’opposition, mais également des rangs libéraux.

"Cette taxe carbone (...) devrait s’accompagner d’une taxation spécifique des importations en provenance de pays où une telle taxe carbone n’est pas d’application."
BNB

Mécanisme de redistribution

"Dans une optique de neutralité budgétaire d’une taxe carbone telle qu’inscrite dans l’accord de gouvernement, un mécanisme de redistribution alimenté par les recettes de la taxe permettrait de préserver en partie le pouvoir d’achat des plus démunis et la compétitivité des secteurs fragilisés, sans néanmoins réduire leurs incitants à investir dans les technologies bas carbone", estime la BNB.

Pour protéger les acteurs domestiques, cette taxe carbone, qu’elle s’applique au niveau belge ou européen, devrait s’accompagner d’une taxation spécifique des importations en provenance de pays où une telle taxe carbone n’est pas d’application, ajoute la Banque nationale.

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