La Monnaie Royale de Belgique ne frappera plus monnaie

©Dieter Telemans

Le gouvernement a décidé de se tourner vers des tiers pour frapper ses nouvelles pièces. Une décision qui se manifeste par 25 emplois qui seront "relocalisés".

Colère de l'Union Nationale des services publics (UNSP): "Ce 6 octobre, les responsables de la Monnaie Royale de Belgique ont annoncé que cette institution ne frappera plus la monnaie". "Cette annonce se traduit par la suppression de 25 emplois."

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Au sein du SPF Finance, on tempère: il n'y aura aucun licenciement. Chaque personne, qu'elle soit statutaire ou contractuelle, sera recasée au sein du SPF Finances qui regroupe quelque 22.000 personnes aux profils très différents, explique Florence Angelici, porte-parole au SPF Finances. "Reste à voir ce qu'on met derrière les postes qu'on leur proposera", déclare Aubry Mairiaux, président du UNSP. "Si nous étions dans le privé, toutes ces personnes obtiendraient une pré-pension."

La décision a été prise, nous explique Aubry Mairiaux, en intercabinets. Elle vise a désormais procéder à un appel d'offres auprès de tiers, lorsqu'il sera question de frapper de nouvelles pièces.

"Alors que notre pays subit de plein fouet différentes restructurations d’entreprises (Caterpillar, ING…) et que le gouvernement s’offusque des décisions des responsables de ces sociétés, comment peut-il agir de la même manière concernant un de ses fleurons?", lit-on dans un communiqué du syndicat.

Aubry Mairiaux précise également que l'arrêt de la frappe a été mise en point 4 de l'agenda du conseil d'entreprise du jour. Il souligne l'ironie de la direction qui a ouvert son agenda sur la présentation d'un plan de recrutement.

La disparition de la frappe dès le 1e janvier 2018 ne symbolise pas la fin de la Monnaie Royale. Elle gardera encore quelque 25 salariés chargés du design des pièces, des tests en laboratoires et des fonctions de secrétariat.

Pourquoi une telle décision?

La motivation énoncée par la direction fait sourire les syndicats. "On nous a parlé de la fin du bail de location en 2021 et du besoin de réintroduire une demande de permis d'environnement". Les syndicats y voient davantage une source d'économies potentielles.

L'avenir de la Monnaie Royale est en suspend depuis de nombreuses années. "Cela fait plusieurs années que la Monnaie Royale est en sursis à cause de sa mauvaise gestion du passé", poursuit Aubry Mairiaux. Depuis trois ans, elle semblait toutefois avoir redressé la barre et renoué avec les bénéfices. "Depuis que l'entreprise allait mieux et compte tenu que nous frappions aussi des pièces commémoratives, on pensait être arrivé à la fin de ces rumeurs".

Il souligne que l'institution a donc prouvé qu'elle pouvait être rentable. "Les agents n’ont pas à payer les erreurs de gestion et les manquements commerciaux des responsables de la Monnaie Royale."

Le syndicaliste pointe aussi le fait qu'à de multiples reprises, les représentants du personne ont appelé le gouvernement à interpeller d'autres pays  dont le stock des pièces produites dépassaient les quotas imposés par l'Europe. "Maintenant, la Belgique décide de fermer la Monnaie qui respectait ces quotas".

Enfin, l'UNSP souligne la compétence reconnue de la Monnaie et de son importance dans la fonction régalienne de l'État. "Il est inconcevable que notre pays l’abandonne."

L'Union Nationale des services publics espère que cette décision, qui doit encore recevoir l'aval du gouvernement, verra l'émergence d'une prise de conscience ministérielle sur la perte pour l'Etat de la frappe de sa monnaie dans ses murs.

©Dieter Telemans

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