La charge de la N-VA contre Unia passe mal

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La ministre flamande pour l'Egalité des chances, Liesbeth Homans et la nouvelle secrétaire d'Etat Zuhal Demir ont sèchement critiqué le travail d'Unia, l'ancien centre fédéral pour l'égalité des chances. Des critiques qui passsent mal auprès de plusieurs partis flamands.

La ministre flamande pour l'Egalité des chances, Liesbeth Homans, "se pose des questions sérieuses sur le fonctionnement d'Unia", en faisant référence à l'ouverture de procédure uniquement pour certains groupes de population. "Il s'agit de pure discrimination", estime-t-elle.

"Si une femme blonde avec des yeux bleus introduit une plainte pour avoir été traitée de prostituée nazie, les chances qu'elle soit entendue sont nulles. Alors que si une femme voilée dépose une plainte parce qu'elle est insultée, elle a 100% de chances d'être entendue", selon Liesbeth Homans.

 

→ La réponse d'Unia

Unia affirme pouvoir vivre avec des critiques, mais de "préférence sur base de faits".

"Mme Homans semble aveugle quant aux différents effets d'Unia", estime la directrice de l'institution Els Keytsman. Elle précise que le centre est disponible et agit pour tous les citoyens, et affirme regretter que la ministre Homans et la secrétaire d'Etat Zuhal Demir, qui s'est montrée critique samedi, ne "le remarquent pas". Elle se déclaré aussi "étonnée" que de "fausses informations" soient relayées par Mme Homans dans son interview. "Ce qu'elle affirme concernant une rétention volontaire d'information est incorrect", souligne Keytsman, qui invite Homans et Demir pour une rencontre.

 

→ La N-VA insiste

"Mme Keytsman ne comprend clairement toujours pas. Elle ne doit pas nous inviter, mais venir s'expliquer auprès de nous", a twitté la ministre Homans.

De son côté, la nouvelle secrétaire d'Etat fédérale Zuhal Demir s'était déjà demandé samedi si Unia faisait encore bien ce pour quoi il a été établi. Elle a entre autres estimé que le centre se rendait "ridicule" en n'ouvrant des procédures de recrutement que pour des femmes.

"La N-VA copie les recettes du Vlaams Belang"

Les déclarations de Liesbeth Homans, mais également de la secrétaire d'Etat Zuhal Demir au sujet d'Unia ont provoqué une flopée de réactions au Nord du pays. 

• "Je trouve qu'il s'agit clairement d'une campagne de dénigrement. Le seul parti qui recourait systématiquement à cela était le Vlaams Belang. Maintenant, la N-VA copie leurs recettes", a notamment estimé la parlementaire flamande Yasmine Kherbache (sp.a).

• "Le mécontentement de la N-VA par rapport à Unia existe déjà depuis longtemps. Sur le fond, le parti a une perception différente de la société et des organisations critiques",rappelle le député flamand CD&V Ward Kennes.  "Nous estimons qu'il est bon que des institutions existent à côté du monde politique et fournissent un contrepoids sur les questions qui font l'actualité." "Mais, j'ai l'impression que cela ne fait pas partie de la tradition à la N-VA. S'il y a une majorité, ils estiment que tout le monde doit marcher dans la même direction", a-t-il ajouté. Le député flamand pense que la "N-VA veut parfois plaire à un groupe électoral qui n'apprécie pas le discours anti-discrimination" et donc donner l'impression que la situation pourrait être meilleurs sans Unia.

• "Une nouvelle Secrétaire d'État ferait mieux de d'abord travailler ses dossiers avant de se prononcer sur des sujets qu'elle ne maîtrise pas encore", a réagi la secrétaire d'État bruxelloise à l'égalité des chances Bianca Debaets (CD&V).     Cette dernière se dit par ailleurs "très déçue des propos tenus ces dernières heures par ses homologues Zuhal Demir et Liesbeth Homans vis-à-vis de Unia". "Ce n'est pas raisonnable que des femmes ou des hommes politiques nourrissent les conflits de société. On ne construit pas des ponts avec des allumettes. L'égalité des chances mérite un sérieux débat de société. Et quand on mène ce genre de débat avec autant de nonchalance, on ne fait qu'alimenter de la rancœur et de l'antipolitique", a conclu Bianca Debaets.

• Les écologistes flamands de Groen estiment quant à eux que les attaques de la N-VA à l'encontre d'Unia sont inappropriées. "La N-VA excelle dans l'hypocrisie cette semaine. Au cours des dernières années, ils n'ont pas fait une priorité de la lutte contre la discrimination", même si le parti est en charge de la matière au Fédéral comme en Flandre, soulignent le député flamand Imade Annouri et la parlementaire fédérale Evita Willart. Ceux-ci estiment par contre que les nationalistes sont systématiquement en première ligne lorsqu'il s'agit de tirer sur une institution qui vise à combattre la discrimination dans la société.

• Les déclarations de la ministre flamande Liesbeth Homans (N-VA) concernant Unia sont "blessantes", estime le parlementaire flamand Bart Somers (Open Vld), qui ajoute toutefois que l'ancien centre fédéral pour l'égalité des chances fait aussi "des erreurs en étant trop polarisant".  "C'est du Homans vintage", a réagi Bart Somers. "Elle polarise plutôt que de chercher de façon constructive des moyens de garantir l'égalité des chances pour tous. En tant que ministre de l'intégration, ça ne se fait pas", estime-t-il.
Unia doit toutefois aussi se remettre en question, selon le libéral flamand. "Ils minent la légitimité de leur propre institution", juge-t-il en faisant notamment référence à la réaction du centre à l'encontre de l'élu bruxellois Alain Courtois. Ce dernier avait déclaré avoir refusé de célébrer des mariages après que la future épouse n'eut pas voulu lui serrer la main. Unia avait estimé qu'il s'agissait d'ethnocentrisme dans le chef du mandataire. "Ils n'ont pas approché cette question en prenant en compte l'égalité homme-femme", pointe notamment Somers.

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