La grève des agents de prison ira "au finish"

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À l’exception de Saint-Gilles, les agents pénitentiaires de différentes prisons du royaume rejettent tour à tour le protocole d'accord établi vendredi soir entre les syndicats et le ministre de la Justice.

Après leurs collègues de Tournai, Lantin, Andenne, Mons, Saint-Hubert, Huy, Pfaive et Leuze, les cinquante-cinq agents pénitentiaires de la prison de viennent de rejeter le protocole d'accord établi entre les syndicats et le ministre de la Justice Koen Geens.

L'Etat belge a été condamné vendredi pour la troisième fois pour violation des droits des détenus. Le tribunal de première instance de Bruxelles a en effet imposé à l'Etat de fournir, sous peine d'astreinte, une assistance médicale à un détenu de la prison de Forest qui s'y trouve en détention préventive, indique samedi Me Alexander Hamels, l'avocat de ce détenu.

"Mon client se trouve avec trois autres personnes dans une pièce de 9m², n'a pas pu prendre de douche depuis 11 jours, ses draps ne sont pas changés, ses vêtements pas lavés et sa cellule non nettoyée. Il n'a pas de contact avec le monde extérieur, n'a pas vu la lumière du jour et ne peut même pas parler avec son avocat. Il n'y a pas de papier toilette dans la cellule et l'évier fuit. Son matelas est donc mouillé, mais le personnel refuse de réparer. Les détenus ne reçoivent qu'une fois par jour un repas froid, avec du café froid."

Les plaintes de détenus seraient ignorées par la direction et la police et la police présente ne ferait pas non plus d'efforts pour améliorer la situation. C'est pourquoi le détenu de la prison de Forest s'est tourné vers le tribunal.

"Ce dernier a décidé unilatéralement que mon client devrait avoir accès à des soins médicaux, sous peine d'astreinte. (...) Mon client a encore fait part d'autres demandes pour mettre fin à ce traitement inhumain, sur lesquelles le juge des référés se prononcera lundi."

Ils avaient 36 heures pour voter pour ou contre ce protocole. Ils demandent la démission de Michel Jacobs, secrétaire fédéral CGSP, et de Laurence Clamar, secrétaire permanente CSC, a indiqué Xavier Crefcoeur, délégué CSC à la prison de Namur. Ils estiment de ne pas avoir été écoutés. Xavier Crefcoeur évoque un "mépris total pour la profession".

Le mouvement de grogne va donc se poursuivre "au finish" tant que les gardiens n'ont pas obtenu ce qu'ils réclament. "Fin du mois, si ça n'a pas changé, on est toujours dehors", a prévenu Xavier Crefcoeur.

Le délégué syndical déplore également que le premier ministre, Charles Michel, ne s'exprime pas sur le sujet malgré la gravité de la situation. "Cela fait quand même plus de quinze jours que nous sommes en grève et il ne prend pas ses responsabilités", a-t-il commenté.

Décision lundi pour Forest

De son côté, le personnel de la prison de Forest se prononcera lundi, selon Cosimo Agostino, représentant FGTB. "Le pronostic est négatif", glisse-t-il. "Le ministre n'a répondu à aucune de nos demandes, les chances de reprendre le travail sont pratiquement inexistantes."

En revanche, le personnel de la prison de Saint-Gilles a repris le travail vendredi, selon le représentant ACOD Gino Hoppe. 

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