Le PS veut une société où les travailleurs ont autant de pouvoirs que les actionnaires

Elio Di Rupo, président du Parti socialiste, au congrès du PS ©BELGA

Elio Di Rupo a décidé de créer en droit belge une entreprise bicamérale donnant autant de pouvoirs aux travailleurs qu'aux actionnaires au cours du congrès de rentrée du PS.

Le président du Parti Socialiste Elio Di Rupo a plaidé dimanche pour l'insertion dans le droit belge d'une nouvelle forme d'entreprise: "une 'entreprise à codécision' qui accorde autant de pouvoir aux travailleurs qu'aux actionnaires", a-t-il expliqué lors du congrès de rentrée du PS à Soignies. Ces entreprises seraient codirigées par un conseil d'administration et par un conseil des travailleurs. Toutes les décisions de la vie d'entreprise devraient obtenir l'aval de ces deux instances. "Les entreprises n'existent que parce que les travailleurs ont un rôle déterminant. Il faut permettre à ceux-ci de gouverner leur entreprise", avait déjà déclaré M. Di Rupo vendredi.

"Cette forme d'entreprise viendrait utilement compléter le panel de sociétés existant dans notre droit national. Le PS entend ainsi offrir une nouvelle alternative au capitalisme et à la vision ultralibérale de l'économie", a déclaré le président des socialistes.

Repenser nos entreprises

Isabelle Ferreras, chercheuse Qualifiée du FNRS, Professeur à l'UCL et chercheuse associée à l'université d'Harvard, estime qu'il faut repenser nos entreprises comme des entités politiques -à l'image des États- et non plus uniquement comme des organisations économiques. "Les questions de justice ne sont actuellement pas posées face à l'entreprise et certainement pas face aux grandes multinationales. Avec Caterpillar aujourd'hui et ING demain, on observe que la liste des drames où il y a un défaut de responsabilité politique s'allonge." Ses travaux sont à l'origine de la proposition du PS.

"Aujourd"hui, les travailleurs sont éduqués et leur motivation joue un rôle essentiel dans leur productivité", explique-t-elle. Il faut dès lors leur proposer une nouvelle forme d'entreprise où ils auraient leur mot à dire, "tout en enlevant aucun droit aux actionnaires", insiste-t-elle.

Di Rupo veut toujours une semaine de 4 jours

Ce dernier a également une nouvelle fois plaidé pour la réduction du temps de travail via la mise en place d'une "semaine de travail de quatre jours, sans perte de salaire pour le travailleur, et avec embauche compensatoire".

©Photo News

"Avez-vous vu le tollé que cette proposition d'une semaine de quatre jours a suscité auprès des conservateurs de tous poils? On se serait cru revenu un siècle en arrière!", a scandé M. Di Rupo, avant d'affirmer que son parti démontrerait, là où il exerce les responsabilités, la pertinence et la viabilité de cette idée d'avenir.

La réduction du temps de travail a également été défendue lors de ce congrès par l'économiste français Pierre Larrouturou, qui a été fait membre d'honneur du Parti Socialiste.

Les autres chevaux de bataille

Outre la semaine de quatre jours et les entreprises à codécision, M. Di Rupo a aussi plaidé ce dimanche pour que les travailleurs indépendants bénéficient, comme les travailleurs salariés, d'une protection sociale lorsqu'ils perdent leur emploi, ou encore pour la gratuité réelle de l'enseignement. "Bannissons aussi rapidement que possible les frais scolaires imposés aux parents. Organisons des études dirigées gratuites durant une heure après la fin des cours en primaire. Concrétisons des expériences pilotes proposant des repas de qualité nutritionnelle à base de produits locaux, à prix modeste voire gratuitement", a-t-il notamment proposé. 

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