Le décollage d'Air Belgium reporté à début 2018

©Air Belgium

La désignation des actionnaires susceptibles de monter à bord a pris du temps. La SFPI et la SRIW ont décidé de participer au projet en prenant ensemble 25% du capital.

Le démarrage des activités d’Air Belgium prend plus de temps que prévu. Selon nos informations, les promoteurs du projet de lancement de la nouvelle compagnie aérienne belge se rendent à l’évidence qu’ils ne pourront pas commencer les opérations cette année comme prévu. Il est désormais question d’un lancement des vols passagers pour début 2018 entre la Belgique et la Chine.

Ils pensaient opérer dès ce mois d’octobre ou en novembre, mais ce ne sera pas le cas. Contacté par nos soins, Niky Terzakis, le principal artisan de sa création et son CEO, se refuse à tout commentaire, mais l’homme est confiant sur la concrétisation du projet.

Plusieurs éléments expliquent le retard dans le démarrage des opérations de la nouvelle compagnie.

Plusieurs éléments expliquent le retard dans le démarrage des opérations de la nouvelle compagnie. Il y a d’une part la livraison des avions qui a pris du retard, de même que les procédures d’obtention du droit de trafic (le fameux AOC), qu’Air Belgium n’a toujours pas encore.

Les discussions avec Airbus se sont favorablement clôturées et le premier appareil, un A340-300, devrait être livré à Air Belgium à la mi-novembre. L’appareil affichera un total de 303 places, dont 18 en classe business, 21 en premium (classe intermédiaire) et 264 places en classe économique. Ce sont d’ailleurs les trois classes que la compagnie renseigne sur son site Internet.

20 millions €
Air Belgium affiche un capital de départ de 20 millions d’euros. Son actionnariat doit être détenu à au moins 51% par des Européens.

Un élément de taille a aussi ralenti les promoteurs du futur transporteur aérien: la finalisation du tour de table pour rassembler les actionnaires susceptibles de monter dans le cockpit d’Air Belgium. Le capital de départ est aujourd’hui de 20 millions d’euros. Niky Terzakis, qui aurait pu profiter d’une belle retraite sur une île grecque après son départ de TNT Airways, ne ménage pas ses efforts pour convaincre les candidats investisseurs.

Mais il doit respecter la législation européenne, qui l’oblige à avoir dans le capital social de la compagnie des partenaires européens détenant au moins 51% des parts. Il aurait pu aussi se lancer dans d’autres projets plus reposants. "Vous savez, le virus de l’aérien est très fort et ne vous quitte pas une fois que vous l’avez attrapé", sourit un observateur avisé.

La SFPI et la SRIW à bord

Selon nos informations, les prochains jours seront décisifs, mais il touche au but. En attendant, des partenaires institutionnels publics ont fait part de leur intérêt de monter à bord de la belle aventure aérienne de Niky Terzakis. La Société fédérale de participations et d’investissement (SFPI) et la Société régionale wallonne d’investissement ont décidé de participer au tour de table.

Selon nos sources, les deux partenaires fédéral et régional ont manifesté leur intérêt de souscrire ensemble à l’opération à concurrence de 25%, soit 12,5% chacune. Soit la moitié des 51%. Mais leur engagement est sous conditions.

25%
Les deux partenaires fédéral et régional ont manifesté leur intérêt de souscrire ensemble à l’opération à concurrence de 25%, soit 12,5% chacune. Soit la moitié des 51%.

D’une part, que le porteur de projet d’Air Belgium, pour rencontrer les 51%, attire des investisseurs privés crédibles aux cotés de la SRIW et de la SFPI. D’autre part, la SRIW, pour respecter ses critères d’intervention, demande à ce que la nouvelle compagnie ait des opérations en Wallonie. En filigrane, on peut déceler le souhait du fonds d’investissement public wallon de voir la nouvelle compagnie organiser des vols au départ d’un aéroport wallon.

La plateforme régionale susceptible d’accueillir des vols d’Air Belgium n’est autre que Brussels South Charleroi Airport (BSCA), Liege Airport ayant été écarté du radar pratiquement depuis le début du projet. "Soit Air Belgium démarre des activités de Charleroi dès son lancement, soit elle s’engage à y prévoir des vols dans un avenir proche. Il faut un lien avec la Wallonie", résume une source bien informée.

Cette condition de la SRIW pose la question du choix de l’aéroport devant servir de base aux activités d’Air Belgium. Jusqu’il y a peu, Brussels Airport tenait la corde, loin devant Charleroi Airport. L’aéroport national offre plusieurs avantages. Il accueille quotidiennement des dizaines de vols réguliers et offre la connectivité.

L’arrivée de Cathay Pacific, qui reliera Bruxelles à Hong Kong dès mars 2018, a quelque peu changé la donne.

Ces atouts permettront à Air Belgium d’évoluer dans un environnement où elle pourra profiter d’un réseau de compagnies aériennes pour remplir ses avions. Ils faciliteront aussi la vie des voyageurs, qui pourront ainsi mieux organiser leurs déplacements.

L’arrivée de Cathay Pacific, qui reliera Bruxelles à Hong Kong dès mars 2018, a quelque peu changé la donne. Il paraît que les dirigeants de Brussels Airport ne seraient pas mécontents de voir Air Belgium changer d’option.

En effet, le projet de la nouvelle compagnie belge est de relier la Belgique à Honk Kong. Elle prévoit de commencer ses opérations, dans un premier temps, avec 4 vols par semaine vers Honk Kong, puis de monter en puissance vers 6 vols hebdomadaires vers la plus grande et la plus peuplée des deux régions administratives spéciales (RAS) de la République populaire de Chine (RPC) – l’autre région est Macao. D’autres villes chinoises sont également inscrites sur le tableau de bord, mais leur nom est enveloppé d’un nuage de confidentialité.

Avion rempli à 80%

Les discussions sont toujours en cours avec les dirigeants de Brussels Airport company (BAC), la société gestionnaire de l’aéroport national, mais Charleroi Airport aussi est plus que jamais dans la course. Sauf qu’à Charleroi, la piste est trop courte, ce qui empêchera l’appareil d’Air Belgium de décoller à pleine puissance en étant rempli totalement de passagers. Par ailleurs, il faudra aussi investir dans l’adaptation des infrastructures à Charleroi pour bien accueillir les passagers business et premium.

En attendant le choix définitif de la base, les dirigeants de la compagnie aérienne belge poursuivent le recrutement du personnel.

Mais rien n’est impossible. L’arrivée (encore hypothétique) d’Air Belgium sur le tarmac carolo serait une opération win-win pour les deux partenaires, car elle renforcerait la crédibilité de BSCA et l’aiderait grandement dans sa stratégie de diversification pour attirer des compagnies traditionnelles. Air Belgium y serait chez elle.

En attendant le choix définitif de la base, les dirigeants de la compagnie aérienne belge poursuivent le recrutement du personnel. Des sources bien informées indiquent un effectif de près de 300 personnes à engager, tant des néerlandophones que des francophones. Ils auraient déjà aussi un accord avec des tour-opérateurs chinois pour remplir leur avion à près de 80%. Ils auraient aussi trouvé un client pour développer le cargo sur leur vol.

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