Le risque de pénurie d'électricité s'aggrave

©BELGA

Le réacteur de Doel 2 ne sera pas disponible avant fin janvier, annonce Electrabel. De quoi compliquer une situation déjà à risque en matière de sécurité d’approvisionnement en électricité.

Le redémarrage de Doel 2, qui était jusqu’ici prévu pour le 1er janvier, est repoussé au 29 janvier, a annoncé lundi soir Electrabel. Une très mauvaise nouvelle, alors que la Belgique était déjà exposée à un risque réel de pénuries d’électricité, et donc de délestages, en cas de période de froid. L’indisponibilité de Doel 1, qui était jusqu’ici prévue jusqu’au 31 janvier, est elle aussi prolongée – jusqu’au 15 mars.

Le problème? D’une part, la fuite dans un circuit de refroidissement à Doel 1. "Les travaux et analyses relatifs à cette fuite se poursuivent", indique Electrabel. Et sans une vue claire sur les causes de cette fuite, difficile d’imaginer que l’AFCN, le gendarme du nucléaire, donnera son feu vert au redémarrage de Doel 1 et à celui de son unité jumelle, Doel 2. 

Mais d’autre part, il y a aussi les investissements liés à la prolongation pour dix ans de ces deux réacteurs. "Pour Doel 2, les équipes techniques contrôlent actuellement le fonctionnement des centaines de systèmes, équipements et circuits qui ont été renouvelés et qui pilotent la centrale", déclare Electrabel dans un communiqué. Certains de ces contrôles ne pouvaient se faire qu’une fois le rechargement en combustible effectué, ce qui vient d’être fait ces derniers jours. Electrabel vient donc de revoir son planning concernant la disponibilité de ces deux réacteurs.

"Pour Doel 2, les équipes techniques contrôlent actuellement le fonctionnement des centaines de systèmes, équipements et circuits qui ont été renouvelés et qui pilotent la centrale."
Electrabel

La Belgique devra donc passer janvier avec 3.000 MW seulement sur les 6.000 de son parc nucléaire. Sauf si un redémarrage anticipé de Tihange 3 est autorisé par le gendarme nucléaire. Face aux risques de pénuries d’électricité, Engie Electrabel lui a en effet a demandé il y a un bon mois l’autorisation de redémarrer  Tihange 3, dont un bâtiment est touché par des problèmes de béton, dès janvier, en ayant effectué une partie des travaux prévus seulement.

La proposition d’Electrabel: placer plus tard la nouvelle dalle de toit nécessaire, en prenant des mesures compensatoires. "Les échanges avec l’AFCN concernant Tihange 3 avancent et se font de manière constructive", assure Anne-Sophie Hugé, porte-parole d’Engie Electrabel. La première phase de travaux sur les bétons se termine, et des analyses de contrôle auront lieu dans les prochains jours. Si elles sont positives et que le gendarme du nucléaire accepte un phasage des travaux, Tihange 3 pourrait redémarrer au plus tôt le 7 janvier. Un élément qui viendrait diminuer le risque de pénuries d’électricité, mais qui pose des questions en matière de sûreté nucléaire.

 

 

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