Le roman de la vie avec un enfant HP

©BELGA

Auteur d’un ouvrage, "Zebraska", où elle romance son expérience de parent d’un enfant HP, Isabelle Bary nous livre son témoignage.

"Mon aîné, qui a 15 ans, a été détecté HP vers l’âge de 6 ans. C’était un petit garçon très curieux, qui a communiqué très rapidement avec un langage d’adulte. Il allait volontiers vers les autres, mais ceux-ci se moquaient souvent de lui. Ses centres d’intérêt étaient différents: il aimait lire, se posait des questions sur le sens de la vie, sur l’avenir de la planète…

Il avait (il a toujours, mais il a appris à la gérer) une hypersensibilité aux bruits, aux odeurs et une hyperémotivité. Incompris, il s’est rapidement renfermé sur lui-même. Il avait énormément de facilités à l’école, retenait tout, mais détestait étudier. C’est en passant un test de QI (obligatoire pour le remboursement des frais de logopédie!), qu’on nous a annoncé que notre fils était HP.

Être haut potentiel signifiait pour nous, être surdoué. Nous avions tout faux, évidemment! Car si notre garçon raisonnait "comme un grand", sa différence venait, avant tout, de la manière dont il voyait le monde. Nous avons très vite compris qu’il ne s’agissait pas forcément d’un cadeau.

Nous avons contacté des psychologues spécialisés. Nous avons expliqué à notre fils qu’il était comme un zèbre dans un troupeau d’antilopes. Qu’il y avait d’autres zèbres et que les zèbres et les antilopes pouvaient s’entendre, mais que cela allait lui demander de gros efforts d’adaptation. Il y avait encore du chemin à faire, car il restait un fossé entre "je sais qui je suis" et "je m’aime comme je suis". Il voulait être comme les autres.

Si l’école était compréhensive, elle n’était pas outillée pour accompagner. Les bonnes intentions étaient là, mais pas les connaissances sur le sujet, ni le temps, ni les moyens. Je crois que c’est le cas de beaucoup d’écoles. Cela s’améliore cependant, mais nous en sommes encore aux balbutiements. Il est vrai que le concept est complexe et paradoxal.

Nous avons mis beaucoup de choses en place et je suis convaincue que c’est l’alchimie de toutes ces initiatives qui lui ont permis de transformer son fardeau en cadeau. Nous avons considéré son HP comme une des composantes de sa personnalité et non comme LA composante de celle-ci. Nous avons établi des règles, l’avons poussé à l’effort.

Il a consulté des psychologues et des kinésiologues, fait de la relaxation et participé à des activités pour enfants HP. Ces associations HP sont très utiles. Bien sûr, il existe des associations sérieuses et moins sérieuses. C’est d’ailleurs très subjectif. Notre fils a commencé à aller mieux vers 12 ans. Après une entrée houleuse au collège, il est aujourd’hui un ado épanoui."

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