Lhoist gagne un nouveau round face aux trappistes de Rochefort

L'abbaye Notre-Dame-de-Saint-Rémy de Rochefort, connue pour sa bière trappiste. ©Jef Boes

Lhoist attendait un feu vert judiciaire pour effectuer les tests de pompage prévus sur la source de Tridaine. C'est chose faite.

La cour d’Appel de Liège siégeant en référé vient de décider d’annuler l’ordonnance de la présidente du tribunal de Marche-en-Famenne qui suspendait les effets du permis unique octroyé par la Région wallonne en juin dernier pour exécuter des tests de pompage sur la source de Tridaine.

C’était, sauf si la plainte est portée en Cassation, une étape importante dans la procédure judiciaire opposant les trappistes de Rochefort à la société Lhoist autour de la source de Tridaine.

Chez Lhoist Industrie, on décomptait sans doute les jours – voire les heures – dans l’attente de cet arrêt qui vient d’être rendu, comme prévu, ce 14 novembre. Et on s’en réjouit puisqu’il casse l’action en référé introduite par les trappistes de Rochefort et la décision de la présidente du tribunal de Marche-en-Famenne.

Gros enjeu économique

Au-delà de ce conflit qui anime le landerneau rochefortois depuis des mois, il est question également, rappelons-le, de gros enjeux économiques au niveau local: pour les carrières du Gerny, qui fournissent en moyenne 400.000 tonnes de chaux sur base annuelle à un prix avoisinant les 100 euros la tonne, cela représente à la grosse louche, sur 25 ans d’exploitation prolongée du gisement, de l’ordre du milliard d’euros de chiffre d’affaires… Le bras de fer en cours n’est donc pas qu’idéologique, loin de là.

L’exploitation du site carrier au-delà de 2022 peut donc désormais à nouveau être envisagée sereinement.

L’exploitation du site carrier au-delà de 2022 peut donc désormais à nouveau être envisagée sereinement. Pour rappel, l’objectif de la demande de permis introduite par l’industriel wallon était d’ailleurs de vérifier la possibilité d’approfondir la carrière tout en assurant une bonne gestion de l’eau (écosystème compris), tant pour Rochefort et ses habitants que pour la brasserie de l’abbaye. Lhoist se targuait il y a un mois d’avoir déjà reçu trois confirmations de la solidité technique de son dossier et de l’absence de risque pour les usagers.

Mais Jean Marbehant, le vice-président Affaires publiques de Lhoist Europe, avait indiqué alors attendre l’arrêt de la cour d’appel de Liège avant de mettre en œuvre le permis confirmé par l’autorité de tutelle régionale. C’est aujourd’hui chose faite. Les tests de pompage ne débuteront toutefois, apprend-on à bonne source, qu’au mois de juin prochain.

Recours pendant

"Nous attendons encore de pouvoir décortiquer les tenants et aboutissants de l’arrêt de la cour d’appel de Liège."
Nathalie Van Laeken
Porte-parole de l’abbaye

Quant au recours toujours pendant auprès du Conseil d’État, l’abbaye de Rochefort avait 60 jours pour l’introduire après notification de la décision du ministre. Or, ce délai n’est toujours pas épuisé. Le plus logique, dans le chef du plaignant et de son conseil, était d’attendre l’argumentaire de la cour d’appel de Liège pour motiver un éventuel recours en annulation.

"Les brouillons du texte motivant notre recours sont prêts. Nous attendons encore de pouvoir décortiquer les tenants et aboutissants de l’arrêt de la cour d’appel de Liège, que nous n’avons toujours pas reçu à cette heure", commente Nathalie Van Laeken, porte-parole de l’abbaye, étonnée que la partie adverse soit déjà informée.

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