Mieux choisir ses études, gage de réussite?

Etre informé sur les études ne suffit pas, il faut aussi être capable de faire le bon choix. ©Dieter Telemans

L’information aux futurs étudiants ne suffit pas. Encore faut-il qu’ils arrivent à faire le choix le plus judicieux possible. C’est l’un des atouts de la réussite en 1ère bac…

Les jeunes d’aujourd’hui croulent sous la montagne d’informations sur les études. Dès l’arrivée du printemps, c’est comme les œufs de Pâques. On la trouve partout: sur internet, dans les écoles, dans les universités et autres établissements supérieurs. Tous rivalisent pour organiser leurs journées portes ouvertes, "Campus open days", sessions de cours ouverts à tous durant les congés scolaires,…

Et pourtant, le constat reste sans appel: le taux d’échec en 1ère bac flirte encore et toujours avec les 60%. "Un niveau qui est stable dans le temps et qui varie peu d’un établissement à l’autre", tempère Philippe Parmentier, directeur de l’Administration de l’enseignement et de la formation de l’Université catholique de Louvain. "Le taux d’échec est d’ailleurs identique dans les hautes écoles", note-t-il.

"Dans 60% des cas, les jeunes parlent de leur avenir uniquement avec les amis ou la famille."
Marc Lits
Prorecteur à l’enseignement de l’UCL

Depuis 10 ans, les universités se démènent pourtant pour venir en aide à ces jeunes qui entrent parfois difficilement dans la vie universitaire. Sur les 4.000 jeunes qui s’inscrivent en 1ère bac à l’UCL, 1.500 ont vu un conseiller en orientation. 8.000 jeunes ont participé aux animations sur les sites universitaires ou dans leurs écoles.

Et près de 1.000 futurs étudiants sur les 4.000 inscrits à l’UCL ont suivi des cours préparatoires durant les grandes vacances. Soit un quart des étudiants de première bac.

Alors, tout ça ne servirait à rien? Non évidemment. L’orientation joue d’ailleurs un rôle essentiel dans la réussite, à côté d’autres facteurs, comme la motivation ou la bonne préparation aux études.

Mais, le rappelle Marc Lits, prorecteur à l’enseignement de l’UCL, le défi est aussi d’avoir ses propres idées, de faire ses propres choix, et pas celui des parents ou des amis. "Or, dans 60% des cas, les jeunes parlent de leur avenir uniquement avec les amis ou la famille", constate-t-il.

D’où l’insistance de l’UCL à investir dans les méthodes d’orientation des élèves, en collaboration avec les écoles secondaires. "S’orienter, c’est devenir adulte, et être capable de faire son choix indépendamment de ses parents. Et c’est ce qui se passera tout au long de sa vie professionnelle aussi…"

Agir vite

Philippe Fonck, directeur du centre d’information et d’orientation de l’UCL, explique aussi que la réflexion doit se faire assez tôt. "C’est au moment où le jeune arrive à la moitié de sa rhéto qu’on lui pose la question de savoir ce qu’il va faire comme études. C’est très anxiogène."

 Pour les responsables de l’UCL, il faut plus que jamais travailler avec les écoles secondaires et leurs professeurs pour aider les élèves. Mais il faut aussi former leurs profs… "Les plus anciens ne connaissent plus le fonctionnement de l’université, les nouvelles dispositions, comme celles nées du décret Marcourt qui a chamboulé la 1ère bac. Ils ne connaissent pas non plus toutes les nouvelles formations qui existent, à côté des classiques médecine, droit,…"

Enfin, si les universités insistent tant sur la préparation, c’est aussi car il n’existe pas de test à l’entrée. Pour les responsables de l’UCL, ce n’est pas la panacée. En sciences humaines, il serait même impossible à mettre en place. Et pourtant, la réussite se joue dans les huit premières semaines.

D’où l’importance des outils mis à disposition des jeunes pour se plonger très vite dans le milieu universitaire: les tests de prérequis, les cours d’été,… "Il faut devenir acteur de ses études, et réagir très vite quand on se trouve en difficulté. Quitte à se réorienter ou participer aux ateliers de remédiation. On a constaté que les élèves qui y participent ont en général deux points de plus que ceux qui ne l’ont pas fait…", conclut Philippe Fonck.

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