analyse

Nouvelle recrudescence des vols de câbles à la SNCB

©Photo News

Ce lundi matin, la circulation des trains a été interrompue entre Namur et Gemboux suite à un vol de câbles. Un incident similaire avait déjà eu lieu samedi matin. Une plaie pour Infrabel, le gestionnaire du réseau ferroviaire.

Les statistiques de vols de câbles sur les infrastructures de la SCNB connaissent une nouvelle envolée: sur les sept premiers mois de l’année, 124 vols de câbles ont déjà été recensés, dont 30 pour le seul mois de juillet. Et les premiers jours d’août ont eux aussi été agités. Samedi matin, le trafic ferroviaire a dû être interrompu durant plusieurs heures entre Namur et Gembloux suite à deux vols de câbles. Lundi matin, rebelote, après un nouveau vol de câbles.

On n’en est certes pas revenu à la situation de 2012, année où une centaine de faits étaient répertoriés chaque mois. Mais ces événements à répétition posent de sérieux problèmes à Infrabel, le gestionnaire du réseau ferroviaire belge.

En région liégeoise, nous enregistrons un vol toutes les deux nuits depuis le mois de juin.
Frédéric Sacré
porte-parole d'Infrabel

"Nous avons deux zones noires pour le moment, explique Frédéric Sacré, porte-parole d’Infrabel. La région liégeoise, d’abord, où nous enregistrons un vol toutes les deux nuits depuis le mois de juin. Et la région de Charleroi, où les vols de câbles restent réguliers. S’y ajoutent maintenant ces trois vols entre Namur et Gembloux, à proximité des grands axes routiers. Nos équipes sur le terrain sont extrêmement sollicitées, alors qu’elles devraient actuellement faire l’entretien des chauffages d’aiguillage, pour éviter des problèmes cet automne et cet hiver. Il y a un risque qu’elles prennent du retard dans ce domaine."

Câbles en aluminium 

Les voleurs commencent à s’attaquer au câble de secours, ce qui entraîne donc des arrêts de la circulation ferroviaire.
Frédéric Sacré
porte-parole d'Infrabel

En 2013, un plan national d’actions avait été lancé. Pour lutter contre ce fléau, Infrabel a généralisé le remplacement des câbles en cuivre par des câbles en aluminium, dont la valeur est moindre, et qui sont donc moins convoités. Il a aussi cherché, quand c’était possible, à enterrer ces câbles. Et surtout, il y a eu une réponse du monde judiciaire, avec plusieurs actions coup de poing, des poursuites par de nombreux parquets pour "entrave méchante à la circulation", qui ont conduit à des peines de prison ferme. Les ferrailleurs ont aussi été conscientisés au phénomène. "Cela a permis de faire baisser fortement cette criminalité, constate Frédéric Sacré. En 2017, nous n’avons recensé que 104 ou 105 vols."

Mais depuis, les statistiques sont reparties à la hausse, avec 315 vols de câbles en 2018. Un gros coup de filet réalisé par la police fédérale liégeoise en octobre dernier, qui a conduit à 19 interpellations et à 8 placements sous mandat d’arrêt, a permis de calmer le jeu. Mais depuis la mi-juin, les faits se multiplient à nouveau en région liégeoise. Et Infrabel peine à faire face à la situation.

9.497
minutes de retard
Sur les sept premiers mois de 2019, les vols de câbles ont provoqué 9.497 minutes de retard.

"Les câbles volés sont généralement les câbles de 1.000 volts qui alimentent les signaux de circulation, explique Frédéric Sacré. Nous avons pris nos dispositions pour sécuriser l’infrastructure, en prévoyant toujours deux câbles d’alimentation. Mais les voleurs commencent à s’attaquer au câble de secours, ce qui entraîne donc des arrêts de la circulation ferroviaire."

Tout cela a bien entendu un coût important pour Infrabel, difficile à chiffrer précisément, puisqu'aux coûts de matériel, s'ajoutent d'importants coûts de personnel. Et il faut bien sûr y ajouter l'impact pour les passagers. Les vols de câbles enregistrés sur les sept premiers mois de 2019 ont provoqué 9.497 minutes de retard.


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