Plusieurs projets de centrales au gaz sont dans les starting blocks

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Il y a les enthousiastes, comme Dils-Energie et Vilvorde. Les prudents, comme Electrabel avec Amercoeur. Et les indécis, comme Eneco avec Manage. Mais il existe bel et bien des projets de centrales au gaz qui pourraient participer à la mise aux enchères du fédéral.

Quels sont les projets de nouvelles centrales au gaz susceptibles de participer à l’appel d’offres que la Belgique organisera pour compenser la sortie du nucléaire? Dans le secteur, on se veut prudent.

"Ceux qui sont déjà propriétaires de centrales au gaz privilégient d’abord leur maintien", explique un observateur averti, "même s’il y a un certain intérêt pour de nouvelles centrales."

 Les deux grandes interrogations? D’abord, savoir si ces centrales seront rentables. Le fédéral s’est accordé sur un système de soutien, mais on en ignore encore les détails. "Or, c’est là que le diable se niche", rappelle un producteur d’électricité.

Ensuite, il est question des permis. "Le permis de bâtir et le permis d’environnement, ou le permis unique en Wallonie, peuvent prendre facilement 18 mois pour peu qu’il y ait un recours", explique Marc Van Den Bosch, directeur de la Febeg, la fédération des enterprises d’électricité et de gaz. "C’est un grand risque pour de nouvelles installations."

 Des projets existent toutefois depuis plusieurs années, dont certains ont déjà obtenu une partie des parmis. C’est le cas de Dils-Energie, qui mise sur une centrale TGV (turbines gaz-vapeur) de 920 MW à Dilsen-Stokkem, dans le Limbourg. Ce projet avait été au départ lancé par EDF, puis est devenu propriété d’un consortium entre la société suisse Advanced Power et l’Allemand Siemens. Advanced Power est désormais seul à bord. "L’approbation par le gouvernement belge d’un système de rémunération de la capacité en Belgique est un premier pas important, et devrait rendre l’investissement possibl", réagit Adrian Bobula, directeur du projet.

Un investissement estimé entre 500 et 650 millions d’euros. Dils-Energie, qui dispose déjà d’un permis d’environnement et de l’autorisation de production fédérale, veut toutefois attendre le feu vert de l’Europe au système de soutien et les détails sur les exigences techniques qu’il impliquera, pour déposer sa demande de permis de bâtir. 

Autre candidat dans les starting blocks: la centrale de Vilvorde, qui faisait jusqu’ici partie de la réserve stratégique. Son propriétaire bulgare, Energy Market, n’envisage pas seulement d’investir pour retransformer la centrale existante et porter sa capacité de 255 MW à près de 400 MW. Il planche aussi sur la construction de nouvelles capacités, pour porter la capacité totale du site à 1.000 MW. "Nous travaillons activement aux différentes procédures d’autorisation et de permis, mais nous sommes aussi en train d’évaluer différentes options. Conserver la centrale existante en l’état et investir dans 800 ou 850 MW de nouvelles capacités pourrait être plus intéressant", explique Guy Willemot, le responsable de la centrale. "C’est un investissement que nous ne ferons pas seuls, mais nous remarquons un certain optimisme auprès des investisseurs."

 Electrabel, lui, est un peu plus prudent. Il a dans ses cartons un projet de doublement de la capacité de la centrale au gaz d’Amercoeur (420 MW), située sur la commune de Charleroi. "Le permis unique délivré par les autorités régionales pour Amercoeur 2 est toujours valable", précise Anne-Sophie Hugé, porte-parole d’Engie Electrabel. "L’autorisation de production fédérale, elle, a expiré, mais nous pourrions demander son renouvellement. Dans d’autres dossiers, cela a été assez rapide. Nous sommes intéressés par la construction de nouvelles centrales dans le cadre du CRM, mais les modalités pratiques du système doivent encore être définies. Il est important d’avoir une vision précise avant de prendre une décision."

 Eneco, en rachetant Eni, a aussi mis la main sur son projet de centrale au gaz à Manage, pour 450 MW. Un projet dont le permis unique n’est plus valable, mais qui dispose toujours de l’autorisation fédérale de production d’électricité. "Nous n’avons encore pris aucune décision à ce sujet", répond Miguel de Schaetzen. Mais ce n’est un secret pour personne qu’Eneco, qui vient de prendre 12,5% de Seamade, né de la fusion des projets de parcs éoliens en mer Seastar et Mermaid, est d’abord à la recherche de nouvelles capacités renouvelables.

Quant à EDF Luminus, qui s’est battu  dix ans pour construire une centrale au gaz de 920 MW  à Navagne, dont le permis unique a finalement été annulé par le conseil d’Etat, il ne cache pas que sa priorité va d’abord aux centrales au gaz existantes. "Pour de nouveux actifs, il faudra voir si le climat est favorable ou pas. Mais si nous décidions de réanimer le dossier de Navagne, il faudrait tout recommencer de zéro", constate Anne Grandjean, directrice de la communication.

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