analyse

Rien ne remplace totalement le lait

©Jonas Roosens

Publicité trompeuse, risque de carences, non-respect de la loi: les substituts aux produits laitiers ne sont pas exempts de reproches.

Le lait n’a plus la cote auprès des consommateurs. Lourd, indigeste, source d’allergies, voire même un facteur de risque (cancer du sein): les accusations pleuvent. En même temps, on assiste à l’émergence de produits de substitution: lait de soja, lait d’amande, mozzarella végane, etc. Mais que valent réellement ces produits de substitution proposés à grand renfort de marketing?

"Ces produits imitent très bien la forme, voire le goût, mais ils dissimulent facilement les faux amis dans la liste des ingrédients." La mise en garde émane de la Cellule d’Information Lait, une structure récemment mise sur pied par les producteurs de lait en Wallonie et qui rassemble l’expertise de scientifiques de différentes disciplines (médecine, alimentation, bien-être, environnement, sécurité alimentaire...).

"Ces produits imitent très bien la forme, voire le goût, mais ils dissimulent facilement les faux amis dans la liste des ingrédients."
Cellule d’Information Lait

Trois reproches adressés aux produits de substitution au lait

Premièrement, il y a une forme de désinformation à faire croire au consommateur que le recours aux plantes est la solution par excellence. La campagne "Et si les plantes remplaçaient les vaches" lancée par le géant de la margarine Becel en est une illustration. Le consommateur croit qu’il va manger quelque chose qui équivaut à des produits laitiers et qu’il pourra donc remplir les besoins de la pyramide alimentaire attribués au lait. D’autant que l’aspect et le goût ressemblent à s’y méprendre à ceux du lait. "À terme, la consommation en quantité de ce type de produits peut conduire à des carences alimentaires, voire à un risque de malnutrition", prévient Marie Poncin, de la Cellule d’Information Lait.

"À terme, la consommation en quantité de ce type de produits peut conduire à des carences alimentaires, voire à un risque de malnutrition."
Marie Poncin
Cellule d’Information Lait

Nous avons en vain essayé d’obtenir d’Upfield, qui produit la margarine Becel, une réaction aux reproches adressés à leur campagne.

Pour rappel, la consommation d’un verre de lait, un pot de yaourt et une tranche de fromage apportent plus de 70% des apports journaliers recommandés en termes de calcium, plus de 50% des apports utiles en phosphore et plus de 40% des besoins en vitamine B12. On se souvient du décès tragique en 2017 de ce nourrisson de Beveren, nourri au lait végétal, pour lequel les parents avaient été condamnés.

Un deuxième problème a trait au non-respect de la nouvelle législation européenne dans certaines publicités. Le 14 juin 2017, la Cour de justice de l’UE a interdit aux industriels d’utiliser les noms de lait, yaourt, crème, beurre et fromage pour tous les produits issus de productions non animales. Objectif: éviter qu’une confusion des genres ne s’installe dans l’esprit du consommateur. En effet, les compositions nutritionnelles ne sont en rien comparables (voir infographie).

©Mediafin

Le troisième problème se situe au niveau de la santé du consommateur. Les substituts au lait sont en général des produits très transformés. Alors que le lait est un aliment naturel composé de 87% d’eau et naturellement riche en minéraux, les boissons végétales contiennent presque toujours des huiles végétales, du sucre, des stabilisants (gommes), des émulsifiants (lécithines), des régulateurs d’acidité, des arômes naturels et des vitamines ajoutées.

Au final, mis à part les allergies qui frappent une fraction de la population, rien ne vaut une alimentation variée, équilibrée, de saison et qui favorise les circuits courts.

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