Un indépendant sur cinq présente des signes précurseurs de burn-out

©Herman Wouters/Hollandse Hoogte

Même s’il craque moins vite que le salarié, l’indépendant n’échappe pas au syndrome du burn-out. En cause: la charge de travail, les contraintes de résultats et, parfois, les clients difficiles.

On dit qu’il s’agit d’un mal de civilisation. Le burn-out frappe de plus en plus et sans distinction. Pas plus que les salariés, les indépendants ne sont à l’abri. D’après une enquête des Mutualités Libres, ils seraient même particulièrement exposés. Bien qu’il n’existe aucune donnée nationale sur la proportion d’indépendants en épuisement, le professeur Philippe Mairiaux a observé en 2012 en provinces de Liège et du Luxembourg des signes précurseurs de burn-out lié à un état d’épuisement avancé chez un indépendant sur cinq.

L’enquête des Mutualités Libres, réalisée auprès de 632 travailleurs de 18 à 65 ans ayant connu le burn-out (dont une proportion de 21% d’indépendants), identifie les facteurs de risque, les répercussions et les besoins non couverts. Elle peut se résumer en cinq points.

1. Les indépendants sont moins stressés que les salariés.

D’une manière générale (sans distinguer les indépendants des salariés), les secteurs les plus touchés par les burn-out sont les soins de santé, l’enseignement et le commerce. Ce sont des professions de service ou d’aide aux personnes où le facteur stress est important. Dans chacune de ces branches d’activité, les indépendants sont en général moins stressés que les salariés.

Ce qui se comprend puisqu’ils ne sont pas soumis à une autorité hiérarchique. "Travailler seul est un facteur protecteur contre le stress", peut-on lire.

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2. Charge de travail et contraintes de résultats pèsent fortement.

Les indépendants doivent en revanche faire face à une plus grosse charge de travail (qui découle du cumul des responsabilités) et aux contraintes de résultats.

Témoignage

"La façade est intacte mais l'intérieur est cramé"

Anne Everard dirigeait sa propre agence de communication. Elle a connu un burn-out sévère dont elle est sortie, mais non sans une réorganisation complète de sa vie. Retrouvez ici son témoignage.

Beaucoup ont "le sentiment d’une absence de retour financier comparé aux efforts fournis". Et ces efforts ne sont pas minces: 82% des indépendants affirment travailler plus de 8 heures par jour, 54% ne prennent pratiquement jamais de vacances, 73% travaillent le soir et/ou le week-end et 63% pratiquent un loisir moins d’une fois par semaine. Pas étonnant si, parfois, le fil casse.

3. L’indépendant en burn-out reste dans le déni et se soigne mal.

Une fois que commence la descente aux enfers, l’indépendant va s’accrocher le plus longtemps possible: 57% de ceux qui ont vécu le burn-out ne se sont jamais mis en arrêt maladie (contre 47% chez les salariés). Ils mangent, boivent et fument plus. Souvent aussi, c’est l’entourage qui encaisse. Pour Xavier Brenez, administrateur délégué des Mutualités Libres, il faut être attentif à certains signaux: "En cas de fatigue chronique, perte de confiance ou troubles du sommeil, il faut faire appel à un professionnel capable de poser un diagnostic."

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4. L’indépendant peu armé face aux conséquences financières.

Lorsque le patron flanche, les affaires vont forcément moins bien. Plus d’un indépendant en burn-out sur deux (51,5%) voit son chiffre d’affaires diminuer (contre 37% chez les salariés), 12% redoutent même la faillite. Seul un indépendant sur quatre a souscrit une assurance "revenu garanti" et 45% n’envisagent même pas d’en prendre une.

5. Besoin de soutien psychologique et financier.

Pour les aider à remonter la pente, les indépendants se disent intéressés par du soutien psychologique et financier. Xavier Brenez conseille pour sa part "de réfléchir à l’organisation du travail, pourquoi pas se faire coacher et, surtout, maintenir une bonne hygiène de vie".

©Mediafin

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