Un nouveau patron pour le Musée royal de l'Armée

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L'ex-général Oger Pochet est nommé directeur a.i. du Musée de l'Armée et d'Histoire militaire. Il n'aura pas la tâche facile car le projet de création du "War Heritage Institute" continue à faire des vagues.

Le ministre de la Défense, Steven Vandeput, a annoncé lundi soir la nomination d'un nouveau directeur ad interim du Musée royal de l'Armée et d'Histoire militaire (MRA), le lieutenant-général à la retraite Oger Pochet.

"J'ai décidé de désigner Monsieur Oger Pochet pour cette tâche. Il est déjà chargé de mission au sein du Musée. Il sera présenté au personnel du Musée le 21 novembre", a-t-il annoncé dans un communiqué.

Cet ancien vice-chef de la Défense (vice-Chod et donc numéro deux de l'armée) succédera à Christine Van Everbroeck, qui avait remis sa démission le 27 octobre dernier.

"En ma qualité de ministre, je souhaite tout d'abord la remercier pour, avec tant d'engouement, durant plus de deux ans et demi, avoir assuré la gestion journalière du Musée. Outre cette gestion journalière elle a également joué un rôle important dans le développement du nouveau concept qui débouchera sur la création du "War Heritage Institute", une nouvelle institution chargée de la transmission de la mémoire et de la présentation de l'histoire des conflits armés sur le sol belge ou auxquels des Belges ont participé", a indiqué M. Vandeput (N-VA).

Le MRA, un établissement scientifique fédéral (ESF) dépendant du ministère de la Défense, est dans la tourmente depuis plusieurs années, notamment en raison de l'incertitude qui pesait sur son avenir, de la grogne d’une partie du personnel -composé de civils et de militaires- et d’accusations de mauvaise gestion. Steven Vandeput avait ordonné une enquête sur ce dernier point, dont les résultats ne furent jamais rendus publics.

Le musée est appelé à se fondre le 1er avril prochain au sein d'un nouvel organisme "transversal", dédié à la mémoire et à la gestion du patrimoine militaire, le "War Heritage Institute". Ce parastatal de type B intègrera également l'Institut des Vétérans - Institut national des Invalides de Guerre (IV-INIG), le Mémorial national du Fort de Breendonk (MNFB) et le Pôle historique de la Défense (PHD, qui gère le "boyau de la mort" à Dixmude.

Des craintes
Certains redoutent toutefois que la mise sur pied de ce "War Heritage Institute" ne soit l'occasion d'une régionalisation accrue des collections du Musée de l'Armée, empêtré depuis plusieurs années dans d'inextricables difficultés. D'autres craignent que la nouvelle organisation, censée rationaliser la structure actuelle, n'engloutisse au contraire une partie des moyens financiers attribués aujourd'hui au Musée, situé sur le site du Cinquantenaire.
 
Selon nos informations, un budget de plus de 2,3 millions d'euros serait ainsi prévu pour l'aménagement de locaux sur le site du "campus Cinquantenaire", qui abrite notamment l'École royale militaire (ERM), à un jet de pierre du MRA. Ces projets de travaux, qui doivent permettre l'arrivée de membres de l'IV-Inig et du pôle historique de la Défense (PHD), font déjà grincer des dents au MRA, qui se trouve au pain sec et à l'eau depuis des années. Le Musée, qui gère la quasi totalité des 130.000 pièces liées à l'histoire militaire belge, a vu tous ses grands et petits investissements gelés, voire abandonnés. Or, une grande partie du site du Cinquantenaire doit être rénovée ou réaménagée, de même que plusieurs antennes régionales. Faute de place et en l'absence d'aménagements, des dizaines de milliers de pièces qui pourraient attirer touristes et amateurs dorment dans plusieurs dépôts.
 
La prestigieuse collection de blindés, dispersée aujourd'hui entre les sites de Bastogne et Braaschaat, est toujours dans l'attente d'une solution pérenne qui lui permettrait de redevenir visible à un plus grand nombre. "Un crime alors que Bruxelles ne sait plus quoi inventer pour faire revenir des touristes", juge un militaire.

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