Un pharmacien de référence pour éviter la surmédication

Le patient peut désormais désigner un pharmacien de référence qui aura une vue sur l’ensemble des médicaments qu’il prend. ©Photo News

Depuis ce 1er octobre, les patients peuvent désigner un pharmacien de référence. Celui-ci aura une vue globale sur les médicaments qu’il prend et pourra repérer d’éventuels surdosages ou interactions nocives.

À l’heure où les pharmacies en ligne concurrencent les officines de quartier, une campagne intitulée "pharmacien de référence" rappelle le rôle d’accompagnement des pharmaciens. En quoi consiste cette campagne? Depuis ce 1er octobre, les patients peuvent choisir un pharmacien de référence. Celui-ci a alors accès au dossier pharmaceutique du patient. Il a ainsi une vue sur l’ensemble des médicaments qu’il prend.

Des études révèlent que la moitié des malades chroniques n’utilisent pas correctement leurs médicaments. Chez les personnes âgées qui prennent plusieurs médicaments, le risque d’interactions nocives est aussi accru. "Un bon usage des médicaments est crucial car il détermine l’efficacité et la sûreté du traitement", affirme la ministre de la Santé Maggie De Block (Open Vld).

86 %
86% des patients ont un pharmacien attitré. Dans 82,5% des cas, il s’agit du pharmacien le plus proche géographiquement.

La campagne a pour objectif un meilleur suivi du schéma de médication du patient. Elle s’adresse en priorité aux patients de maladies chroniques ou polymédicamentés. Pour ces patients, les pharmaciens de référence recevront de l’Inami une rémunération forfaitaire de 31,8 euros par patient par an. La condition pour pouvoir bénéficier de ce forfait est que le patient prenne au moins cinq médicaments par an, dont minimum un de façon chronique. Le patient, lui, ne paie rien pour ce service.

Un incitant financier était-il nécessaire pour que les pharmaciens s’inscrivent dans cette démarche? L’accompagnement personnalisé ne fait-il pas intrinsèquement partie de sa fonction? "Certains pharmaciens établissent déjà avec le patient son schéma de médication. Ce n’est pas neuf mais la campagne va pousser davantage de pharmaciens dans cette direction. C’est donc un plus pour le patient", répond Koen Straetmans, secrétaire général de l’Association pharmaceutique belge (APB). Il ajoute que l’incitant est en grande partie financé par le secteur.

Et le médecin?

Que va faire le pharmacien de référence lorsqu’il constatera un problème avec les traitements? Va-t-il prendre l’initiative de le modifier? "Non. Il ne faut pas que le pharmacien se transforme en sous-docteur mais qu’il puisse alerter le patient lorsqu’il y a un problème afin que ce dernier consulte son médecin. La condition du succès de cette démarche est donc une bonne collaboration entre médecin et pharmacien, dans le respect mutuel des champs de compétence respectifs", intervient Paul De Munck, président du groupement belge des omnipraticiens. Il concède que la pilule n’a pas été facile à avaler pour tous les médecins. "Mais nous ne savons pas si le patient surconsomme certains médicaments ou ce que les collègues prescrivent. On a donc tout intérêt à la mise en place d’un système qui permettra d’améliorer cette connaissance", ajoute-t-il.

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